COVID-19 : Marcher sur les cadavres

CORONAVIRUS ET HOMMES D’AFFAIRES

La lutte contre la pandémie de Covid-19 met l’économie et toute la société à rude épreuve : des secteurs entiers sont paralysés, établissements scolaires et universitaires, institutions culturelles et frontières ont été fermées. Cependant, pour une catégorie d’hommes d’affaires, petits et grands, l’heure est à la désolidarité. Ils licencient leurs employés pour fuir leurs engagements sociaux.

Il y a ceux que le coronavirus rend solidaires et les autres, que la pandémie rend égoïstes. Tout le monde sait que les sévices de l’épidémie sur le Maroc sont inquantifiables. Pour l’heure, personne ne peut ni en prédire la fin ni évaluer l’ampleur de son impact sur l’économie. A mesure que les mesures de confinement s’accélèrent, les décisions visant à en réduire l’impact sur les entreprises sérieusement touchées et leurs salariés ont suivi, même lentement.

L’arrêt d’une grande partie de l’activité économique du pays, déjà impactée par la fermeture des frontières aériennes et maritimes la semaine dernière, menace des milliers d’emplois directs et indirects. Heureusement, le fonds de veille économique a sorti une batterie de mesures en faveur des salariés et des entreprises : Versement d’une indemnité pour perte d’emploi de 2000 dirhams, en plus des allocations familiales, prise en charge des charges de la CNSS pour les entreprises qui maintiennent 80% de l’emploi ou plus, et un différé des paiements à la CNSS pour les entreprises qui maintiennent moins de 20% de l’emploi. Mais il y a des hommes d’affaires, petits ou grands, à la tête de très petites entreprises comme de grands comptes, qui saisissent l’occasion pour licencier des dizaines, voire des centaines d’employés pour des motifs économiques, alors qu’en réalité, il ne s’agit que d’un ralentissement de l’activité ou d’une baisse de la profitabilité.

Employés sans contrat
Ceux-là sont capables de marcher sur des cadavres pour ne pas mettre la main à la poche, ne pas subir de pertes (même minimes) et pour grignoter un peu d’argent au gouvernement sous forme d’aides, au moment où l’Etat et les Marocains attendent leur soutien et leur contribution. Ces nouveaux “marchands de la mort’’ sont, comme le coronavirus, une épidémie à combattre. Il est vrai que le gouvernement travaille d’arrache-pied pour faire respecter les consignes sanitaires de confinement et aider les couches de la population les plus vulnérables, mais les ministères de l’Intérieur et des Finances doivent consentir un effort supplémentaire pour mieux cerner ces faux déclarants de faillite qui ne cherchent qu’à se débarrasser de leurs employés. L’exemple le plus édifiant est celui des écoles privées dont la majorité emploie des instituteurs et institutrice sans contrat et sans les déclarer à la CNSS.

Ils étaient les premiers à se plaindre, via leur association, de la situation sachant qu’ils ont déjà recouvert leurs dus du mois de mars et (pour certaines écoles) pour le trimestre en cours.


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