QUAND LA MENACE DU COVID-19 HYPOTHÈQUE NOTRE AVENIR

CONDAMNÉS À VIVRE AVEC LE VIRUS POUR DE LONGS MOIS ENCORE

Confinés depuis plus de trois mois dans le cadre de la lutte contre le Covid-19, devrions-nous nous attendre à pouvoir reprendre une vie normale après l’annonce récente du dé-confinement par le gouvernement? Rien n’est moins sûr. Condamnés a priori que nous sommes à vivre avec le virus pour de longs mois encore et il y a fort à parier qu’il ne soit que le premier épisode d’une longue série d’événements extrêmes amenés à se multiplier dans les années à venir, du fait non seulement des bouleversements économiques et sociaux à l’échelle mondiale mais aussi des bouleversements écologiques et climatiques provoqués par le mode de développement prévalent.

Comment engager, alors, une profonde transformation des structures économiques dans un Maroc où la récession économique attendue est de 4 à 10% pour la seule année 2020 avec des impacts significatifs à moyen terme sur les comptes publics (dette publique, recettes fiscales, budget de relance, etc.), le secteur bancaire et la survie des entreprises fragiles. Sans oublier le risque particulièrement important sur les secteurs exportateurs durement impactés par la crise sur le moyen-long terme (tourisme, aéronautique, automobile, etc.).

Comment engager une profonde transformation des structures économiques dans un Maroc où le tissu économique, au maigre voire inexistant matelas de trésorerie, est essoufflé et risque de se noyer dans les pénalités de retards des paiements des charges tous azimuts, l’impossibilité de régler des charges comme le loyer, les salaires, les impôts... Par ailleurs, comment engager une profonde transformation des structures économiques et surtout sociales dans un pays où le un niveau de chômage attendu post-Covid de plus 1 à 2 millions de personnes en particulier de jeunes, ne pourrait qu’entraîner un défi social majeur? Sans oublier les risques à moyen terme sur la santé et l’éducation de la population: aggravation des maladies non soignées pendant le confinement, méfiance durable, trauma post-Covid.

Risque de décrochage scolaire dans le temps pour 2 millions d’écoliers en plus. Comment engager, enfin, une profonde transformation des structures économiques et sociales dans un pays où l’omniprésence de l’économie informelle, la faiblesse de la couverture sociale, les écarts de revenus, l’injustice fiscale, l’échec du service public sont devenues des réalités incontournables? Certes, l’enfermement de 35 millions de Marocains dans un environnement productif fragile et vulnérable ainsi que dans la précarité et le dénuement social n’est pas une fatalité et peut être combattu. À condition de mettre en oeuvre des programmes politiques ambitieux qui redonnent à la question sociale la place qu’elle mérite.

Ce qui suppose une profonde remise en question des dogmes économiques et à leur tête la fiction de la main invisible du marché. Car, le marché et sa main invisible ne pourront pas, par un simple coup de baguette magique, permettre l’augmentation du niveau de vie de tous. Profitons donc du choc majeur qu’aura été l’épidémie du Covid-19 pour construire un Maroc qui nous permettra de remporter la bataille économique et sociale


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