Origine du Covid-19: et si le virus avait fuité d’un laboratoire Chinois ?

Le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, demande une nouvelle enquête sur l’hypothèse de la fuite du Covid-19 d’un laboratoire en Chine. Une posture qui remet en cause les conclusions du rapport de la mission internationale sur l’origine de la pandémie.

Changement de ton à l’OMS. Mardi 30 mars 2021, quelques minutes avant la publication du rapport officiel de la mission d’experts sino- onusiens qui avait enquêté sur les origines de la pandémie en Chine, Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé, surprend son auditoire. Il réclame, devant les représentants des Etats membres, une nouvelle enquête sur l’hypothèse de la fuite du virus d’un laboratoire chinois.

«Cela demande d’enquêter plus, probablement avec de nouvelles missions et des experts spécialisés que je suis prêt à déployer», déclare-t-il. Ses propos retentissants remettent en cause les conclusions de ladite mission, qui avait jugé l’hypothèse de la fuite du Covid-19 d’un laboratoire chinois «extrêmement improbable», estimant plutôt la transmission à l’homme par un animal intermédiaire «probable à très probable».

Le patron de l’OMS en a même rajouté une couche en indiquant que les experts internationaux «avaient fait part de leurs difficultés à accéder aux données brutes», durant leur séjour du 14 janvier au 10 février 2021 à Wuhan. «J’espère que de nouvelles études collaboratives seront basées sur un partage de données plus large et plus rapide», renchérit-il. Dr. Ghebreyesus avait certes déjà critiqué les autorités chinoises lorsqu’elles ont refusé de délivrer des visas à ces scientifiques, mais ces nouvelles piques publiques tranchent avec sa posture habituelle à l’encontre de Pékin.

Faisceaux de critiques sur la Chine
Ce qui lui avait valu de vives critiques de la part de l’ancien président américain Donald Trump, qui l’a accusé ouvertement d’avoir un parti pris pour la Chine, face aux critiques de certains pays sur sa responsabilité dans la pandémie. L’ex-locataire de la Maison Blanche, qui avait défendu bec et ongles l’hypothèse d’un accident de laboratoire, en se basant sur des informations de ses renseignements secrets, a probablement ri sous cape après cette volte-face de l’OMS.

Quelques heures après cette sortie, le département américain publie une déclaration dans laquelle quatorze pays, dont le Royaume-Uni, le Canada, le Japon, le Danemark, Israël, la Corée du Sud, la Norvège et l’Australie accusent la Chine d’avoir entravé le travail des enquêteurs internationaux.

«(…) Nous exprimons notre préoccupation commune concernant la récente étude commanditée par l’OMS en Chine (…) L’étude d’experts internationaux sur l’origine du virus SARSCoV- 2 a été retardée de manière significative et n’a pas eu accès de manière exhaustive aux données et échantillons originaux», dénoncent- ils. «Il est crucial que des experts indépendants puissent avoir pleinement accès à toutes les données», persistent-ils.

L’Union européenne, pour sa part, les confirme à demi-mot en soulignant que ce rapport de l’OMS est «un premier pas utile» mais que des «investigations supplémentaires devront être poursuivies» et qu’il «faudra encore avoir accès à tous les lieux appropriés et à toutes les données disponibles».

Plus d’un an après l’avènement du coronavirus qui a déjà fait plus de 2,8 millions de victimes dans le monde, ses origines, qui pourraient permettre de mieux lutter contre la pandémie, demeurent plus que jamais, un véritable casse-tête chinois.