LES FORCES VIVES DE LA NATION!

COVID 19

La pandémie a eu des répercussions considérables sur notre système de santé, notre économie et notre société. C’est l’occasion de revoir nos priorités par rapport au nouveau modèle de développement.

La deuxième vague de Covid- 19 est bien là. Elle semble même être chevauchée par une troisième! Chez nous et comme partout dans l’hémisphère nord, l’hiver approche et s’annonce rude avec son lot de virus et d’infections qui vient s’ajouter. «N’attendons pas que la tempête arrive pour réparer le toit», il faudrait bien s’y préparer car ce qui va se passer d’ici là dépendra de ce que l’on fait aujourd’hui.

Nous savons maintenant que nous sommes voués à cohabiter avec le virus, que les mesures barrières restent notre seule arme pour prévenir sa propagation, que ni notre santé mentale, ni notre bien-être social, ni notre économie ne supporteraient d’autres séries de confinements et que notre salut reste lié à la découverte et à l’accès aux vaccins. Dans ce sens, nous avons incontestablement eu le bon réflexe de sécuriser et de diversifier nos sources d’approvisionnement en participant, d’un côté, à des essais cliniques pour un vaccin chinois, sans nous empêcher de prévoir, d’un autre côté, l’achat d’un vaccin britannico-suédois. Pas moins de 180 vaccins sont en cours de développement aujourd’hui, d’après l’OMS, dont 35 sont en phase d’essais. Cela promet! Mais, en attendant, il faudrait continuer à appliquer vigoureusement la triptyque: Tester, isoler, traiter.

Nouveau contrat social
Pour tester largement et massivement, nous nous sommes aussi ouverts aux dispositifs médicaux de diagnostic in vitro, génétiques et sérologiques, tout en encourageant la R&D nationale pour fabriquer nos propres tests. Le retour à la normale en milieux professionnel et scolaire particulièrement, nécessitera décidément la connaissance du statut sérologique des personnes exposées. La pandémie a eu des répercussions considérables sur notre système de santé, notre économie et notre société. C’est l’occasion de tirer les enseignements de cette crise et revoir nos priorités par rapport au nouveau modèle de développement post-covid. La commission spéciale qui en a la charge semble d’ailleurs se pencher davantage sur la problématique de la sortie de crise comme dimension déterminante dudit modèle.

Ce modèle devrait aboutir à un nouveau contrat social avec ses dimensions politique, économique, sociale, culturelle et environnementale. Un modèle qui préserve les acquis et qui répond en priorité aux nouveaux défis que pose la pandémie, tels l’élargissement du chômage, de la précarité et de la pauvreté. Un modèle porteur d’espoir et source de confiance dans un avenir prometteur. En attendant, une chose est sûre, nous devrions continuer à dépenser pour la santé dans une vision globale de réforme de la protection sociale et dans une logique de reddition des comptes, car c’est de l’investissement pour notre avenir et notre bien-être pour tous qu’il s’agit.

Force est de constater par contre, qu’il ne saurait y avoir de modèle de sortie de crise sans l’implication des forces vives de la nation. D’où l’appel de S.M. le Roi à ces dernières à faire preuve de mobilisation et de vigilance face à la pandémie et à adhérer unanimement aux efforts déployés, afin de sensibiliser la société, éveiller sa conscience et l’encadrer.

Partis politiques, syndicats, société civile, intellectuels, artistes, blogueurs( ses), influenceurs(ses) sur les réseaux sociaux et tout(e) autre citoyen( ne) engagé(e), quels qu’en soient les secteurs, devraient être en première ligne dans ce combat contre le virus et ses effets multidimensionnels.

Le temps est à l’union nationale! En ces moments de doute et d’incertitude, nous devrions laisser de côté tout ce qui pourrait nous diviser. Que ça soit les positions autour de la réforme du droit à la grève, la vente des cliniques CNSS ou encore le débat sur la peine de mort, aussi importants soient ces sujets, nous ne risquons pas de perdre gros si nous les ajournons. Rien n’est plus important aujourd’hui que de venir à bout de ce mal.

Le temps n’est surtout pas aux approximations! Avec l’avènement des élections en 2021, nous sommes en droit de nous poser des questions sur la capacité de nos acteurs politiques à proposer des solutions de sortie de crise et autres plans de relance, ainsi que sur leur pouvoir de gérer cette situation inédite, pour ceux qui arriveront aux commandes. Les propositions doivent être réalistes et réalisables loin des «y’a qu’à… faut qu’on», et les discours crédibles et rassurants loin de toute agitation ou gesticulation de certains de nos politiques, qui, aux yeux de nos citoyens, ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes. L’union nationale contre le Covid-19 ne veut pas forcément signifier gouvernement d’union nationale comme peuvent le proposer certains! Qui contrôlera la gestion du gouvernement dans ce cas de figure? En temps normal, et plus encore en temps de crise, l’opposition parlementaire, fortement consacrée par la nouvelle Constitution, doit assurer le rôle qui lui revient et préserver le droit des citoyens à un instrument pour contrebalancer tout dérapage gouvernemental.

Les technocrates, pourquoi?
Douter de la capacité de l’actuel ou du futur Exécutif à faire sortir le pays indemne de cette situation inimaginée ne saurait être un alibi pour certains autres qui miroitent l’idée d’un gouvernement technocrate. Des technocrates, on en a certainement besoin pour contribuer à la gestion de crise et pour la gestion tout court, et nous devrions mettre suffisamment de gardefous pour empêcher leur mise à l’écart. Mais des technocrates qui gouvernent sans trop prêter attention, ni craindre le contrôle parlementaire, notre jeune démocratie n’en a pas besoin! Où serions- nous de l’esprit de notre Constitution? Pourquoi ôter aux citoyens le droit de voir à l’oeuvre des élites qu’ils ont eux-mêmes choisies et qu’ils pourraient eux-mêmes sanctionner par les urnes ou juste en leur demandant manifestement et pacifiquement, si besoin est, de dégager? La démocratie ne se décrète pas et ne s’improvise point.. Elle s’exerce et elle s’apprend au fil des expériences, et notre pays depuis au moins trois décennies, cumule plus ou moins des acquis démocratiques qu’il ne devrait pas abandonner.

Pour cela, la question du timing des prochaines élections est si importante aujourd’hui. Si l’année 2021 sera l’année du nouveau modèle de développement, il serait fort souhaitable qu’elle soit aussi celle de l’émergence de nouvelles élites locales, régionales et nationales. De plus, il est préférable que les textes organisant les élections soient davantage en faveur du respect du pluralisme politique et de l’encouragement des coalitions préélectorales pour donner de la visibilité aux électeurs. Ils devraient également faire place aux indépendants afin d’attirer les acteurs de la société civile vers la chose électorale et, par-delà, vers la gestion de la chose publique.

Car l’enjeu majeur est d’assurer une large adhésion au processus électoral à travers la forte participation des citoyens, et particulièrement les femmes et les jeunes, qui ont été les plus grands lésés de l’actuel modèle de développement, et ce, afin de réaliser les changements nécessaires.


Laisser un commentaire

Merci de cocher cette case
X

Télécharger le magazine Maroc Hebdo

Télécharger