Impact du COVID-19 sur les marchés financiers marocains

Plus de 20 milliards de dirhams se sont évaporés

Alors que les pertes s’accumulent pour les entreprises, les actionnaires s’apprêtent à toucher 19,3 milliards de dirhams en dividendes au titre de l’année 2019.

L’impact économique de la pandémie du Covid-19 a durement frappé des pans entiers de l’économie nationale. Outre les secteurs les plus durement touchés comme le tourisme, l’aérien, la restauration et l’immobilier, le secteur financier n’est pas non plus épargné. La Bourse de Casablanca, où sont cotées les plus grandes entreprises nationales, est, à son tour, très durement affectée. Depuis le déclenchement de la crise du Covid-19, la capitalisation boursière s’est effondrée de plus de 20 milliards de dirhams, provoquant un plongeon des cours des actions jamais survenu sur la place financière casablancaise. Il faut dire que toutes les places financières mondiales ont subi le même sort. Emportées par la pandémie, les principales places financières ont connu des krachs historiques.

De nombreux analystes n’hésitent pas à comparer la crise économique actuelle à celle de 1929, considérée comme la pire dans l’histoire de l’économie mondiale. Alors que les pertes s’accumulent pour les entreprises dont l’activité est fortement impactée par la crise du Covid-19, les actionnaires des sociétés cotées marocaines s’apprêtent à toucher leurs dividendes au titre de l’année 2019. Selon une banque d’affaires réputée à Casablanca, le montant de ces dividendes est estimé à 19,3 milliards de dirhams. Un record par rapport aux années précédentes. Si toucher son dividende est un droit juridique pour les actionnaires, certaines voix s’élèvent demandant à ces derniers de renoncer à les toucher et à les réemployer en solidarité avec les personnes les plus sinistrées ou encore pour soutenir l’effort médical qui a besoin de beaucoup de ressources financières pour faire face à la pandémie.

Un geste de reconnaissance
Le cas du géant français de l’hôtellerie Accor est certainement bel un exemple à suivre. Le PDG du groupe, Sébastien Bazin, a annoncé, lundi 13 avril 2020, avoir réduit son salaire de moitié pour l’offrir en soutien au secteur de la santé française. De même pour les actionnaires du groupe hôtelier mondial, qui ont volontairement renoncé à leurs dividendes au titre de l’année 2019. Dans un communiqué rendu public par le groupe, les dividendes seront reversés aux employés du groupe les plus touchés par la crise sanitaire. Pour le groupe Accor, c’est à la fois un geste de solidarité envers les employés mais également un geste de reconnaissance pour tous les sacrifices consentis durant toutes ces années pour rehausser l’image du groupe et participer au développement spectaculaire qu’il a connu dans le monde entier.

Voilà donc une entreprise citoyenne française, de surcroit affectée par la crise du Covid-19 puisque tous ses hôtels dans le monde sont vides, qui n’hésite pas à puiser dans ses réserves pour affronter les moments difficiles d’aujourd’hui. Les actionnaires de nos sociétés cotées devront donc s’inspirer de ce bel exemple du groupe Accor. D’autant que ce dernier est très présent au Maroc et participe au développement touristique dans notre pays


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