COVID-19: Une gestion catastrophique et une détresse sociale qui s’amplifie

La gestion de la crise économique n’a pas donné les effets escomptés. La pauvreté s’accentue et des millions de Marocains perdent espoir face à la cherté de la vie .

La gestion de la crise sanitaire est catastrophique. Cette mauvaise gestion a fortement alourdi la crise économique qui s’en est suivie. Les scènes de manifestations, de grèves, de désobéissance civile, se sont multipliées ces derniers jours, face à une augmentation inquiétante du taux de chômage.

Le meilleur exemple est celui de El Kelaâ des Sraghna. La décision de fermer le souk de la région depuis mars dernier a lourdement impacté des centaines de marchands et de familles qui vivotent de ce souk. Face à cette détresse sociale, une grogne sans précédent a été observée dans cette ville de la région Marrakech-Safi, et des marches de protestation ont été organisées, parfois violentes. Ce qui a poussé finalement les autorités à ouvrir le fameux marché.

Mieux cibler les aides
Cette scène n’est pas sporadique. Toutes les régions et couches sociales sont concernées et les formes de protestation différent mais émergent petit à petit. Même les fonctionnaires n’en peuvent plus. Les agents de plusieurs municipalités de Rabat ont observé cette semaine une grève. Des médecins, personnels de santé, infirmiers et également des enseignants ont manifesté leur colère et indignation. Port d’un brassard, sit-in, grèves… Plusieurs actions syndicales ont été initiées par ces deux corps de métier, ces derniers jours et ne sont pas près de s’arrêter, comme nous le confirment plusieurs sources syndicales.

A Agadir, des employés licenciés par des opérateurs touristiques ont manifesté pendant plusieurs jours. Un secteur où des centaines de milliers familles vivotent depuis mars dernier. Plusieurs serveurs, barmans, gérants de bars et restaurants se sont convertis en vendeurs de cigarettes au détail.

La détresse sociale s’amplifie et beaucoup de Marocains perdent espoir. Plusieurs suicides ont eu lieu ces derniers mois. A Fnideq, un vendeur de produits de contrebande nous confie qu’un ami âgé de 60 ans s’est suicidé à cause de cette crise qui a touché toute la ville. Une région qui dépend principalement du tourisme et du commerce. Deux secteurs mis à mal par le Covid-19 mais aussi la fermeture du passage frontalier de Bab Sebta.

Le secteur de la location de voitures dénombre également plusieurs cas de suicide. Le malaise social et économique empire et les autorités s’entêtent à ne pas vouloir changer d’approche. Celle sécuritaire a démontré son inefficacité et les mesures restrictives sans accompagnement, suivi et soutien, ne peuvent que produire l’effet contraire. Au lieu de signer des contrats-programmes et des accords avec des fédérations patronales et confédérations sectorielles, dont plusieurs défendent leurs propres intérêts et excluent, sans scrupule, des métiers qui font pourtant partie de leur secteur, il faudrait mieux octroyer ces milliards de dirhams aux populations les plus nécessiteuses, et cibler les aides destinées au secteur privé et les contrôler tout en les conditionnant au maintien des emplois.


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