UN CASABLANCAIS RACONTE SES 72 HEURES D’ENFER

LES TESTS COVID-19 ENTRE MÉDECINS ET LABORATOIRES PRIVÉS

Dans un récit poignant, un patient à Casablanca soupçonné d’être contaminé par le Covid-19, raconte avoir vécu l’enfer avec un médecin et un laboratoire privé. Les conditions du test PCR, dont le délai d’attente jugé trop long, plongent le patient dans la dépression et la crise des nerfs.

Depuis que les laboratoires privés sont autorisés par le ministère de la santé à effectuer les tests PCR liés au Covid-19, les Marocains, particulièrement les Casablancais, vivent dans l’enfer. La dictature de ces labos, associée à celle des médecins privés, pèse de tout son poids sur le moral et la santé psychologique des malades. Un Casablancais, cadre dans une société, a vécu une très mauvaise expérience avec l’un des laboratoires les plus prisés de la métropole économique, ainsi qu’avec un médecin privé.

Sentant une fatigue corporelle accompagnée d’éternuements, un nez qui coule et une fièvre de 38 degrés, il a consulté cette spécialiste en pathologie infectieuse. Le jour de la consultation, il se présente dans son cabinet et trouve beaucoup de monde dans un espace exigu avec un manque de gestes barrières. L’attente fut longue. Une heure et demie avant d’entrer dans le bureau du médecin. Ce dernier, assis confortablement dans son bureau, un masque chirurgical sur le visage, reçoit enfin le patient devant s’asseoir en face à deux mètres de distance. Le médecin pose des questions: avez-vous une maladie chronique? Avez-vous fait l’objet d’une opération chirurgicale? Fumez-vous? Autant de questions sur l’état de santé général du patient.

Au bord de la dépression
Ce dernier est invité plus tard à raconter brièvement sa situation sanitaire actuelle. La séance durera maximum 5 minutes, soldée par la prescription d’un traitement thérapeutique pré-Covid à base d’azithromycine 500, de zinc et de vitamine C et une ordonnance invitant le patient à passer un test PCR dans un laboratoire désigné par le médecin lui même. Avant de quitter le cabinet, le patient débourse 1.300 dirhams. Une somme choquante que ne justifie pas la prestation du médecin.

Le lendemain, il se présente dans les locaux du laboratoire. Au bout de quelques minutes d’attente, il est introduit dans la salle de prélèvements. Là, après avoir fourni sa carte d’identité, il signe un document interne au labo où il accepte les conditions du test. Parmi celles-ci: le délai de sortie des résultats est compris entre 24 heures et 4 jours; le résultat, négatif soit-il ou positif, est directement transmis au médecin. Pour le test, le prix à payer est de 700 dirhams.

Après avoir regagné son domicile et pendant les jours d’attente du résultat, le patient raconte vivre l’enfer. Isolé dans une pièce à part, angoissé de contaminer sa femme et ses enfants, il espérait connaître le résultat au maximum dans les 24 heures, comme le font plusieurs laboratoires. Mais pas celui où il a été «obligé» de s’y rendre: c’est le black-out total. Un responsable du labo précise néanmoins que le test PCR est sous-traité à un autre centre d’analyses. Du côté du médecin, ni elle ni son assistante ne daignent répondre aux appels téléphoniques du patient. Habité par une forte angoisse, en plus d’être séparé de ses enfants contraints d’étudier à la maison, le patient aura passé presque trois jours pendant lesquels il a frôlé la dépression nerveuse.

On se demande ce que font les autorités sanitaires pour empêcher ces médecins et ces laboratoires privés de jouer avec la santé physique et mentale des Marocains? Pourquoi n’imposent-elles pas des règles strictes de traitement des résultats PCR qui, ailleurs, sont livrés en moins de 10 minutes, notamment à Fès, dont les autorités sanitaires ont adopté une nouvelle technologie de test rapide?.


Laisser un commentaire

Merci de cocher cette case
X

Télécharger le magazine Maroc Hebdo

Télécharger