PRENDRE SON COVID EN VIGILANCE

CE SERAIT UNE ERREUR DE PENSER QUE L’ÉPIDÉMIE EST DERRIÈRE NOUS

Le Covid-19 ne fait pas des ravages que dans la plupart des pays du monde, mais aussi chez nous. Il ne nous reste plus alors, que de prendre notre mal en patience parce que rien ne nous indique où l’on va. Tant sur le plan sanitaire que sur le plan économique et social. En effet, les quelques moments d’insouciance de l’après-confinement sont désormais oubliés. Car si la très redoutée deuxième vague n’est pas d’actualité, les différents indicateurs confirment que le virus continue de circuler sur le territoire marocain. Le confinement a considérablement freiné la circulation du virus et le respect des gestes barrières a permis de maintenir le niveau de contamination très bas dans les jours qui ont suivi. Mais le virus est toujours là, tout simplement car il n’a jamais disparu.

Bien que le nombre de nouveaux cas par jour soit très loin de menacer notre système de soins, les points d’alerte se multiplient depuis plusieurs jours. Selon le coordonnateur du Centre national des opérations d’urgence de santé publique au ministère de la Santé, le Maroc a enregistré au cours des semaines post-confinement de nouvelles contaminations quotidiennes au Covid-19 qui portent à 18.264 le nombre total des cas déclarés dans le Royaume depuis l’apparition de la pandémie en mars. En outre, le ministère a fait état de quelque 2.100 cas actifs, soit un taux de 5,8 pour 100.000 habitants.

Ces données suscitent plus que jamais une vigilance particulière. La situation est plus que jamais inquiétante, et si jamais le Royaume devait faire face à une seconde vague, il lui faudrait se doter des bons indicateurs épidémiologiques. Il faut se préparer au pire, car, pour l’instant, sur le plan médical, la situation n’a pas bougé: aucun traitement n’a fait la preuve de son efficacité, et un vaccin n’arrivera pas avant, au mieux, la fin de l’année ou début de l’année prochaine. Et si par malheur l’épidémie de Covid-19 devenait à nouveau hors de contrôle, le Maroc saura-t-il y faire face? Rien n’est moins sûr.

Sur le plan économique et social, on ne sait pas non plus où on va. Car si L’État marocain s’est à peine sorti de la crise sanitaire et économique en s’endettant, il ne lui est pas permis de s’endetter sans limite et pour longtemps. À entendre les alertes lancées récemment par certaines agences internationales de rating, la question de fond qui se pose c’est de savoir si l’État marocain peut vivre durablement en dépensant plus qu’il ne collecte de recettes.

Il faut dire que les choix réalisés en termes de restriction budgétaire au cours des années avant Covid-19, complétés par une politique monétaire –dont l’objectif prioritaire est resté la «stabilité des prix» appliquée de façon restrictive– ont eu pour effet de contraindre largement la croissance du Maroc en deçà de son potentiel, sur une période longue. Le Maroc ne rattrapera pas par un simple coup de baguette magique le retard accumulé au cours de cette dernière décennie. Mais il peut encore faire le choix de s’affranchir de sa culture de «stabilité» pour porter une ambition de croissance économique conforme à son potentiel.


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