Le temps des incertitudes

Face aux incertitudes, quels espaces de liberté?

Le Covid nous a fait entrer dans une période d’incertitude radicale où le présent est insaisissable, le futur est imprévisible et le passé devient incompréhensible, ce qui rend toute prévision très difficile et toute stratégie aléatoire. L’arrivée impromptue du variant Omicron semble, de ce fait, déjouer les prévisions de croissance pour 2022. Et même si les spéculations laissent à penser qu’Omicron peut signer la fin de la pandémie, l’impact économique de l’émergence de ce nouveau variant n’en est pas moindre.

Ainsi, selon les rapports de Fitch Solutions, l’économie marocaine devrait avancer au ralenti en 2022. Selon les prévisions du document, la croissance du PIB réel s’établira à 3,2%, contre une prévision initiale de 3,4%. Fitch Solutions prévoit un ralentissement de la croissance économique en 2022 suite à l’impact de la propagation de la variante Omicron au niveau national et international.

La fermeture des frontières aux voyages internationaux et la limitation de la capacité des espaces clos ont affecté la confiance des consommateurs avec des répercussions négatives sur les dépenses, et entraîneront une reprise plus lente que prévu de l’industrie du tourisme, qui représente environ 15% du PIB. Même si le scénario le plus probable est que les autorités ne prolongent pas les restrictions, compte tenu des résultats relativement bons obtenus suite à la campagne de vaccination, il est fort probable que le monde continuera à lutter contre Omicron à des degrés divers.

L’émergence du variant Omicron engendre, donc, indéniablement des incertitudes sur la conjoncture 2022, et ce, en dépit d’une forte reprise de la demande mondiale depuis plusieurs mois. Elle pourrait provoquer, selon certains experts avisés, un phénomène aigu, bien que temporaire, d’absentéisme dans les entreprises et les services publics et perturber de nouveau les chaînes de production et les transports.

Elle a aussi un effet immédiat sur le secteur touristique après la fermeture de nos frontières, avec une baisse drastique de la fréquentation hôtelières. Ces facteurs, soulignent-ils, s’ils devaient se prolonger, représentent un défi pour notre économie dans la mesure où ils génèrent un risque d’inflation et de dégradation du pouvoir d’achat ainsi que de faillite des entreprises les plus touchées. La hausse des prix des matières premières, des produits pétroliers et du coût du transport, ainsi que la rupture d’un certain nombre d’intrants importants pour l’industrie depuis plus d’un an, provoquent des tensions sur les coûts de revient et sur les prix de l’énergie qui commencent à être répercutés jusqu’aux consommateurs.

Et même si, pour d’autres observateurs, les défis négatifs de cette résurgence de la maladie ne font que précéder une période de reprise de la croissance, il restera le défi d’échapper, surtout, aux tendances inflationnistes que va favoriser le déséquilibre entre offre et demande. La priorité va certainement être de lutter contre le retour de l’inflation plus que de doper la croissance.