Le Covid, cet accélérateur des inégalités

LA MONTÉE DE LA PRÉCARITÉ INQUIÈTE.

Selon le nouveau rapport de l’ONG Oxfam, depuis le début de la pandémie, le monde compte un nouveau milliardaire toutes les 26 heures. Et, tandis que la fortune des 10 milliardaires les plus riches du monde a doublé durant la pandémie, 160 millions de personnes sont tombées dans la trappe de la pauvreté. Cette explosion des inégalités sévit partout dans le monde.

Les femmes, les personnes racisées, et les habitants des pays en développement, comme le notre, sont les plus impactés par la violence des inégalités. Aussi, malgré les multiples soutiens aux secteurs en difficulté et l’élan de soutien de la part de plusieurs pans de la société, la crise sanitaire qui a frappé le Maroc à partir de 2020 a provoqué, une onde de choc économique majeure qui n’a pas manqué de laisser sur le carreau un grand nombre de personnes, notamment celles qui restent prisonnières de l’aggravation des inégalités de patrimoine et de revenus.

Le Maroc ne fait pas exception à cette montée des inégalités de patrimoine et de revenus de par le monde, puisque les écarts de richesse au sein du royaume touchent aussi bien le domaine de l’éducation que celui de la santé en passant par le marché de travail … Le bilan en termes de chômage, de sous-emploi, de précarité de travail et de pauvreté est implacable. Et pour cause: l’économie marocaine n’arrive que très lentement à se remettre du choc de la pandémie.

Résultat: la croissance du PIB réel qui avait atteint 5,3% en 2021 se réduit drastiquement puisqu’il ne dépassera pas, selon la Banque mondiale, les 3,4% en moyenne sur la période 2022– 2024. Cette baisse de la croissance ne peut qu’accentuer le taux de pauvreté d’une population qui, ayant perdu son emploi ou pour tout autre cause, se trouve de plus en plus confrontée à un retour de la hausse des prix. Inflation qui touche de plus en plus ces produits ô combien essentiels à la survie.

En effet, pour le rapport de l’institution de Bretton-Woods, même si la pauvreté monétaire devrait recommencer à baisser en 2021, elle ne retrouvera pas, toutefois, son niveau d’avant la crise. L’extrême pauvreté (seuil de 1,90 USD en parité pouvoir d’achat) devrait rester inférieure à 1%, tandis que la pauvreté (seuil de 3,2 USD en parité pouvoir d’achat) devrait diminuer de 11% en 2021, passant sous le seuil de 6%, atteint en 2017. Le pourcentage de la population «vulnérable» (sous le seuil de 5,5 USD en parité pouvoir d’achat) devrait diminuer pour atteindre 26,7% en 2021, contre 28,2% en 2020.

Cette baisse devrait se poursuivre, mais les indicateurs de pauvreté ne devraient pas retrouver leur niveau prépandémique avant 2023. Néanmoins, la mise en oeuvre réussie de la réforme annoncée de la protection sociale, ou une relance marquée de la création d’emplois, notamment pour les femmes et des jeunes, pourrait accélérer ce processus.