La Cour de cassation confirme les peines prononcées contre Nasser Zefzafi et consorts

HIRAK D’AL HOCEIMA

Plusieurs leaders politiques ne ratent aucune occasion pour demander la libération des militants du Hirak d’Al Hoceima qui sont toujours emprisonnés. Ils vont jusqu’à conditionner le succès des prochaines élections par le règlement rapide de ce dossier.

Sauf retournement miraculeux de situation, les détenus du Hirak d’Al Hoceima, condamnés à des peines de prison allant jusqu’à 20 ans, vont devoir purger leurs peines jusqu’au bout. C’est ce que vient de décider la Cour de cassation dans une décision rendue, le mercredi 23 juin 2021. Une décision qui a douché les ardeurs de la défense, qui espérait, à travers la Cour de cassation, obtenir une révision du procès. Mais ça ne sera malheureusement pas le cas.

Un dossier ultrasensible
Selon la décision de la Cour de cassation, les 42 pourvois introduits par la défense sont restés sans suite. 19 pourvois ont été rejetés, 22 ont été frappés de forclusion, c’est-à-dire dépassant les délais légaux de présentation, et un seul a été jugé irrecevable. Si le meneur du Hirak, Nasser Zefzafi, ainsi que son bras droit, Nabil Amahjik, sont toujours incarcérés, après leur condamnation à 20 ans de réclusion, 17 autres militants du Hirak ont pu bénéficier de la grâce royale à l’occasion de la dernière fête de l’Aïd Al Fitr, mi-mai 2021.

Une grâce qui est venue apaiser quelque peu la tension dans ce dossier ultrasensible et pour lequel beaucoup d’associations nationales et internationales de défense des droits de l’Homme sont mobilisées. Parmi les détenus graciés, on peut citer Wissam Boussati et Hassan Barba, condamnés eux aussi à 20 ans de prison ferme. Le 26 juin 2018, la première chambre de la Cour d’appel de Casablanca avait prononcé des peines lourdes contre les militants du Hirak. Jugements confirmés en appel, en avril 2019.

Dans le milieu associatif comme dans le milieu politique, la consternation était à son paroxysme. Et pour cause, beaucoup dans ces deux milieux ne comprennent pas comment on peut condamner des gens à des peines aussi lourdes alors qu’ils ne faisaient que réclamer leurs droits économiques et sociaux.

Des droits comme avoir des hôpitaux, des écoles et accéder au travail. Des droits que tous les Marocains ne cessent de toujours réclamer aux quatre coins du Royaume. Plusieurs leaders politiques, notamment le secrétaire général du PAM, Abdellatif Ouahbi, et son homologue du PPS, Nabil Benabdellah, mais aussi le patron de l’Istiqlal, Nizar Baraka, ne ratent aucune occasion pour demander leur libération. Ils vont jusqu’à conditionner le succès des prochaines élections par le règlement rapide de ce dossier.

Le même combat semble également mené par le conseil national des droits de l’Homme, dont la présidente, Amina Bouayach, a déclaré récemment que le règlement de ce dossier nécessite encore un peu de temps.

En attendant, les 8 militants du Hirak, qui purgent encore leurs peines en prison, ne désespèrent pas. Ils espèrent toujours un geste royal qui pourra probablement venir pendant la fête de l’Aïd Al Adha, dont la célébration est prévue le mercredi 21 juillet prochain.