OÙ EST LA COSMÉTOVIGILANCE ?

JUGÉS TOXIQUES, CERTAINS PRODUITS COSMÉTIQUES SONT TOUJOURS VENDUS AU MAROC

De grandes marques internationales ainsi que des MDD (marques de distributeurs) commercialisent des produits cosmétiques toxiques. Une étude française révélée par le magazine “60 Millions de consommateurs” met en garde contre des gels douche, mousse de rasage, crèmes corporelles et vernis à ongles.

Publiée dans le numéro de septembre du magazine 60 Millions de consommateurs, une étude française qui traite et analyse le niveau de toxicité de certains produits de grandes marques vendus au Maroc, a révélé que 86 produits de 6 marques sont très dangereux pour la santé.

Fans des produits importés, les Marocains adorent utiliser des produits de marques internationales. Plus qu’un luxe, il s’agit d’un rapport de confiance établi entre les consommateurs et des entreprises mondiales qui savent communiquer efficacement. Cette habitude de consommation doit être revue puisque certaines marques aux normes et aux budgets colossaux mettent en vente des cosmétiques nocifs pour la santé. Gels et crèmes de douche, crèmes hydratantes, mousses à raser, dentifrices, vernis à ongles et fonds de teint… plusieurs produits sur le marché marocain contiennent de la coumarine, une substance «suspectée d’être cancérigène-mutagène-reprotoxique». Certaines marques utilisent du Lilial (butylphényl méthylpropional) qui est «toxique pour la reproduction».

Sur un échantillon de 86 produits, certaines marques passent de A («sans réserve d’utilisation»), à E («utilisation fortement déconseillée, à cause de l’utilisation excessive de substances problématiques) en fonction de l’impact des ingrédients sur la santé (70% de la note) et sur l’environnement (30% de la note).

L’affaire Talc de Johnson
Rappelons à ce titre qu’un scandale a éclaté en 2019 concernant la vente à l’internationale d’un talc qui provoquerait des cancers. Le fameux talc pour enfants de la marque Johnson a été accusé de contenir de l’amiante, un matériau isolant et résistant qui a été largement utilisé jusqu’à son interdiction en 1997 du fait de ses effets néfastes sur la santé. La société productrice du talc et de plusieurs produits pour bébé avait affirmé que sa poudre ne contenait pas cette substance malgré les milliers de plaintes auxquelles elle a été exposée aux Etats-Unis et au Canada.

La marque a ainsi arrêté de vendre cette poudre à base de talc aux États-Unis et au Canada, deux pays où les ventes avaient reculé en raison de l’évolution des habitudes et d’une méfiance vis-à-vis du produit. Autrement, le produit continue d’être vendu dans le reste du monde, notamment au Maroc. Un système de Cosmétovigilance destiné à la surveillance et l’enregistrement des effets indésirables liés à l’utilisation des cosmétiques, a été instauré en 2012 au Maroc. Ce système permet de répertorier et de centraliser les informations de tous les produits cosmétiques dans le but de mieux les prévenir. Depuis, le Centre Antipoison et de Pharmacovigilance du Maroc exige qu’une réglementation examine les fiches toxicologiques pour chaque produit et fasse respecter les normes internationales de composition et de présentation avant la mise en vente.

Avant l’instauration de ce système par le ministère de la Santé, un rapport sur les intoxications par les produits cosmétiques (sur la période 1980-2010), le Centre antipoison du Maroc avait précisé que sur 1.074 cas, 161 cas d’intoxications sont dus aux produits pour la peau, 130 cas aux produits pour cheveux et 59 cas attribués aux parfums et eaux de toilette.

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