La corruption risque de s'amplifier en période de crise sanitaire

PAR L’INSTANCE NATIONALE DE LA PROBITÉ

L’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption, alerte sur la persistance du caractère endémique de la corruption au Maroc. Un fléau qui sape les fondements de l’État de droit et freine une meilleure et plus équitable répartition des richesses, selon l’instance.

C’est un secret de polichinelle. Le Maroc n’avance pas dans la lutte contre la corruption. Malgré les avancées et les efforts déployés par Royaume pour lutter efficacement contre ce fléau, la corruption se trouve encore «en tête des facteurs qui sapent les fondements de l’État de droit et favorisent les différentes formes de privilèges, de clientélisme et de népotisme», regrette Mohamed Bachir Rachdi, président de l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption (INPPLC) dans la première édition de la Lettre de la probité éditée par l’INPPLC à l’occasion de la journée nationale de la lutte contre la corruption, célébrée le 6 janvier de chaque année.

«Malgré les efforts indéniables déployés, le Maroc continue d’enregistrer des résultats mitigés relevés par des évolutions en dents de scie dans la plupart des classements internationaux. Les conclusions de plusieurs rapports nationaux et internationaux mettent en relief la persistance du caractère endémique de la corruption au Maroc», souligne l’instance.

Dans l’indice de perception de la corruption de Transparency International, la position du Maroc se caractérise par une relative stagnation, et ce depuis plus de 15 ans, avec un classement oscillant entre la 73e et la 90e position, et une note qui est restée inférieure à 43 sur 100, soit au-dessous de la moyenne. Le classement des pays, selon Transparency International, montre que le Maroc a perdu 7 places en 2019, pour s’établir au 80e rang mondial sur 180. Et son score a perdu deux points, passant de 43 points sur 100 en 2018 à 41 points.

De même, ce contexte peu reluisant «s’est vu aggravé par les conséquences de la crise sanitaire du Covid-19, doublée d’une crise économique très profonde, avec des répercussions encore plus importantes sur le plan social», note Bachir Rachdi.

Impacts sur les citoyens
Ce dernier précise que la crise liée au Covid- 19 n’est pas de nature à améliorer les choses. Bien au contraire, «elle présente des risques d’amplification de la corruption sous ses formes connues, et d’en générer de nouvelles», déclare-til.

C’est d’ailleurs dans ce sens que l’INPPLC, en partenariat avec le Département de la Réforme de l’Administration lance en ce début 2021 une étude ciblée, financée par le Programme des Nations Unis pour le développement, sur l’évolution de la corruption en période de crise sanitaire.

Celle-ci vise à identifier les nouvelles formes de corruption engendrées par le contexte de la pandémie, ainsi que leurs ampleurs et impacts sur les citoyens, les entreprises et l’économie de façon plus générale.


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