Le coronavirus ou la faim

Des millions de families marocaines sans aides, sans vivres

A l'étranger, le Maroc est cité en exemple pour sa gestion de la pandémie. Le chef du gouvernement en a fait particulièrement sa fierté jusqu'à ce que l'Union européenne retire le Maroc de la liste des pays dont les voyageurs sont autorisés à visiter les pays de l'Union.

Mais le jugement externe a beaucoup plus trait au côté sanitaire.
La preuve est que dès que les chiffres ont augmenté et sans chercher à comprendre pourquoi, l'UE a changé d'avis. L'humanitaire et le social, qui sont pourtant un des volets importants pour ne pas dire le plus important, a été le fardeau de trop pour le gouvernement.

La preuve est que le chef du gouvernement, dans chacune de ses rarissimes sorties médiatiques, focalisait son discours rébarbatif sur le volet sanitaire  et sur le devoir de remercier le bon Dieu et notamment son cabinet qui nous a épargnés le pire, soit une perte de vies humaines. Aujourd'hui, ce qui était jadis une fierté, est un affront indélébile.
Les pertes humaines, on en compte entre 10 et 20 par jour. Les cas de contamination fourmillent comme pour rappeler les pêchés d'un gouvernement faillible.

Mais la grande faillite de ce gouvernement est humaine. Il a paupérisé tout un peuple tout en démultipliant la richesse d'une palette de richards, nouveaux riches, arrivistes et opportunistes, pour lesquels le Maroc est le pays des opportuniés et d'affaires mais jamais un pays d'avenir pour eux comme pour leurs projénitures (pardon leurs héritiers).
Depuis le début de la pandémie, le gouvernement a fait de la question sociale le dernier point de l'ordre du jour de ses réunions. D'ailleurs, n'eût été l'initiative du Roi Mohammed VI de créer le Fonds spécial dédié à la gestion de la pandémie qui a estompé les répercussions socio-économiques, le gouvernement n'aurait jamais pensé à trouver des solutions aux couches défavorisées et les autres impactées par l'arrêt d'activité de leurs entreprises.
Mais aujourd'hui, ce ne sont pas les chiffres qui effrayent le plus, ce sont plutôt ces millions de familles sans ressources financières. Celles-ci ont épuisé leurs dernières économies et ont vendu tout ce qui peut être vendu pour survivre. Les aides qui leur étaient destinées se sont arrêtées.

Les aides sont insignifiantes, certes. Mieux que rien, évidemment. Mais à l'heure qu'il est, plus rien. Niet. Le spectre de la faim et de la pauvreté extrême a écarté celui du coronavirus. Pas pour les responsables gouvernementaux et les politiques qui attendent le signal pour jouer le rôle de figurants aux prochaines élections après avoir brillé par leur absence depuis les dernières échéances èlectorales et particulièrement depuis l'apparition de la pandémie.
Mais aux yeux des concernés, des désargentés, de ceux qui représentent tout ce que ies riches n'aiment car ils leur rappellent la pauvreté Le spectre de la faim et la pauvreté extrême hante leurs nuits froides en plein été. Au moment oû les membres du gouvernement, les riches et les hauts-cadres dorment paisiblement, ces derniers veillent. Pas pour se faire plaisir. Mais de souffrance.

Au moment oû les membres du gouvernement profitent de leurs 2 semaines de vacances, la majorité écrasante des Marocains s'arrachent un bout de pain, symbole de la subsistance. Où sont les aides aux familles impactées et nécessiteuses ? Quelle place pour le peuple (oui le peuple car il s'agit de sa quasi-totalité) dans le plan de relance économique  et dans les 120 milliards de dirhams ? Si pour relancer l'activité d'entreprises dont les consommateurs baignent dans la précarité, de quel plan de relance parle-t-on ?

Et c'est quoi ce plan de relance économique dont l'impact social sur la population n'est pas visible et prévisible ?!
Au gouvernement et aux partis politiques en général, ce sont vos électeurs de 2021 qui sont aujourd'hui livrés à eux-mêmes et abandonnés à leur sort. Ceux-là mêmes qui vous éliront ou que vous obligerez, par le vote obligatoire auquel vous aspirez, à votez, bon gré mal gré. Les festins qui accompagnent vos campagnes électorales, il n'y a pas meilleur moment qu'aujourd'hui pour les leur offrir et séduire un électeur qui veut juste vivre.

Des millions de travailleurs informels, de journaliers, de travailleurs occasionnels et à la táche, de saisonniers... qui ont survécu jusqu'ici grâce aux aides complétées par les dons de bienfaiteurs, de l'INDH et de collectivités locales ou grâce à l'entraide populaire,  ont vu du jour au lendemain tout cela s'arrêter d'un seul coup. Ils ne peuvent travailler formellement. Et quand ils trouvent une occupation informelle rémunérée, ils sont pourchassés par ceux qui les obligent à porter le masque ou payer une amende dont le montant est équivalent aux repas de trois jours. Et en plus, dans le stress et la peur d'être reconfinés.

Les prémices d'une révolte populaire, d'une révolte de la faim, se précisent face à la nonchalance du gouvernement et l'insouciance d'une frange de capitalistes qui n'arrêtent pas de geindre pour grignoter des aides qui devaient être destinées à ceux qui se plaignent le moins.


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