Coronavirus : une nouvelle épreuve pour la presse

Aucune institution publique n’est montée au créneau pour attirer l’attention sur l’impact économique du coronavirus sur les entreprises de presse.

Le Maroc s’inquiète pour la survie de ses entreprises de peur que celles-ci n’enclenchent une vague de licenciements économiques. En même temps, tous les Marocains saluent la bravoure et l’abnégation des médecins et infirmiers qui se battent chaque jour pour assurer un confinement aux normes des personnes atteintes du coronavirus ou potentiellement présentant des symptômes de l’épidémie.

Mais aucune institution publique, ni même le Conseil national de la presse ou encore la Fédération marocaine des éditeurs de journaux, n’est montée au créneau pour attirer l’attention sur l’impact économique du coronavirus sur les entreprises de presse. En difficulté depuis quelques années, le secteur subit déjà un autre choc économique du fait de la pandémie de coronavirus, à une époque où le public a particulièrement besoin d’informations fiables à même de chasser les fake news qui entretiennent la psychose et la panique générales et aident la population à faire face à cette pandémie.

L’impact se fait particulièrement sentir pour les journaux qui ont vu le nombre d’exemplaires vendus chuter. Mais la hantise vient des contrecoups que subissent les organes de presse d’une baisse des revenus publicitaires et d’une chute de leurs abonnements alors que les lecteurs tentent de réduire leurs dépenses pendant cette crise.

Nul besoin de rappeler que l’économie des médias est duale. Sauf que dans un pays comme le Maroc, où le taux de lecture est abyssalement faible, les principales recettes de toutes les entreprises de presse écrite (digitale aussi) et même les radios et chaînes privées, proviennent de la publicité.

Et comme la plupart des entreprises ont réduit leurs dépenses, le premier poste de coupe budgétaire est celui de la communication. Tant pis alors pour une presse dont le rôle en cette époque marquée par la confusion et les fausses informations porteuses de zizanie, est capital. Faut-il rappeler les défis énormes que les entreprises de presse bravent dans leur couverture de la crise? Elles doivent maintenir leur entreprise à flot tout en s’assurant que leur personnel est en sécurité.

Mais voilà, personne n’en parle. Même pas les organismes censés défendre la survie de ces entreprises de presse, de la profession et le gagne-pain des milliers de journalistes marocains qui risquent leur vie au quotidien pour informer, informer juste. Et pourtant, pendant une crise de santé publique nationale et internationale, les populations ont plus que jamais besoin de journalisme fiable. Le comble, c’est que même les gestionnaires du Fonds du comité de veille économique n’évoquent pas les entreprises de presse comme un secteur sérieusement et économiquement touché par la crise.

On dirait que c’est voulu, prémédité même, de voir ces entreprises s’approcher de la faillite. Mais ce serait céder à l’irrationalité de la théorie du complot. Mais que faiton vraiment pour sauver l’entreprise de presse marocaine?.


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