Quand la Chine s'enrhume, le monde tombe malade

RÉPERCUSSIONS DE L’ÉPIDÉMIE CORONA SUR L'ÉCONOMIE MONDIALE ET MAROCAINE

Le Maroc n’est pas à l’abri des répercussions, désastreuses pour l’heure, du virus corona sur l’économie chinoise et celle du reste du monde. Outre le tourisme et l’agriculture, les importateurs de différents produits de Chine croisent les doigts.

Il y a quelques années, ce qui rendait l’économie chinoise résiliente, c’est qu’elle reposait très majoritairement sur les exportations, dépendantes de la demande mondiale. Aujourd’hui, la donne a changé. La croissance chinoise repose davantage sur la consommation et cette dernière est très pénalisée du fait des conséquences directes du virus corona sur la consommation des Chinois.

Mais quelles sont les répercussions sur l’économie mondiale? Désastreuses, si l’épidémie n’est pas stoppée dans un bref délai. Déjà, elles se font sentir au niveau du prix des matières premières, qui chutent du fait de la baisse de la demande en Chine, qui est un immense consommateur mondial. Cela peut également impacter durement les pays fournisseurs de la Chine. Dans le secteur de l’automobile, des constructeurs mondiaux dont les français Renault et PSA, qui ont beaucoup d’usines, notamment dans la ville infectée de Wuhan. La baisse de la demande chinoise sur le pétrole et la peur engendrée par la propagation du virus ont eu un effet négatif sur les cours internationaux du baril de l’or noir. Quid du Maroc? Si dans le secteur agricole, certaines inquiétudes légitimes se sont déjà manifestées sans qu’elles ne soient confortées, pour l’heure, par des preuves tangibles. Le Maroc importe, entre autres, près de 70.000 tonnes de thé vert en provenance de la Chine, d’où l’interrogation qui se pose: Le virus aura-t-il un impact sur les produits en provenance de la Chine. On attend toujours une explication ou réaction de l’ONSSA dans ce sens.

Le tourisme menacé
Palpables, les premières conséquences du corona virus sur un secteur économique national se font de plus en plus sentir dans le tourisme puisque 150.000 Chinois ont visité le Maroc en 2019. Leur nombre n’a cessé d’augmenter depuis ces dernières années. Un chiffre qui ne sera pas atteint en 2020. L’inquiétude réaliste des professionnels est justifiée. La CNT (Confédération nationale du tourisme) parle d’une morosité sur les trois premiers mois de l’année (janvier, février et mars), sachant que la haute saison pour le marché chinois s’étale de janvier à avril. Les villes les plus visitées et partant les plus pénalisées sont Ouarzazate et Chefchaouen.

Depuis le déclenchement du corona virus, les commandes sont à l’arrêt. «Nous allons perdre cette clientèle pendant les deux ou trois mois à venir. Il faut tout simplement espérer qu’il y aura un remède à ce virus dans les deux ou trois prochains mois», a souligné Abdellatif Kabbaj, président de la CNT, lors d’une rencontre le 1er février 2020 à Marrakech. L’hôtellerie, à elle seule, va perdre 28.000 clients chinois rien que pour le mois de février, 24.000 environ pour le mois mars, et ainsi de suite.

Et pourtant le Maroc a consenti efforts et investissements pour attirer les touristes chinois (accords avec les tours opérateurs, ligne aérienne directe récemment lancée sur Pékin par la RAM…) et atteindre 500.000 touristes chinois par an. Quant au commerce dans les marchés les plus dynamiques comme celui de Derb Omar, à Casablanca, au moins 80% des produits vendus sont d’origine chinoise. En attendant que la crise se dénoue, beaucoup d’importateurs croisent les doigts. Leur commerce risque de périr surtout que leurs clients se sont habitués à des produits à bas prix.


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