Contrôle du confinement : un essaim de drones...

Le Maroc utilise des moyens technologiques de pointe pour s’assurer les meilleures garanties de réussite de la lutte contre l’épidémie du Covid-19

Avec la lutte contre la pandémie du Covid-19, le ciel marocain a vu proliférer des drones. Une mode? Un engouement? En tout cas une forte demande qui a enregistré un envol exceptionnel lors des derniers mois écoulés. Le leader mondial est... chinois: le groupe DJI. Et c’est une société marocaine qui a le marché de la distribution dans tout le continent. Les citoyens ont pu voir ainsi, dans plusieurs villes (Casablanca, Marrakech, Témara,…), l’apparition de drones utilisés à diverses fins: diffusion de messages d’alerte, détection de mouvements incontrôlés dans les rues par des contrevenants aux mesures de confinement, rassemblements illégaux sur des terrasses de maisons,... Autant d’actes répréhensibles que les patrouilles de contrôle ne pouvaient appréhender sans le concours des drones. Ceux-ci ont fait émerger une technologie précieuse pour les organes de sécurité publique durant la crise générée par le coronavirus.

Avec ces nouveaux besoins, voilà de grandes opportunités offertes à l’innovation locale au Maroc. Des start-ups s’y intéressent. L’une d’entre elles, Farasha, à Rabat, se propose ainsi de créer une ligne de production spécialisée dans les drones de surveillance thermique et de pulvérisation de désinfectant. L’Université internationale de Rabat (UIR) n’est pas en reste avec son département d’aéronautique. A la fin mars 2020, il a pu proposer aux pouvoirs publics des drones équipés de haut parleurs ou de caméras infrarouges pour la détection des mouvements des foules. Il est prévu la généralisation de ce programme à travers les régions. D’autres innovations sont en cours de développement, telle celle du traçage qui requiert un cadre juridique et règlementaire étudié. Par ailleurs, le Royaume a restreint de manière stricte l’importation des drones. Leur importation et leur utilisation sont désormais soumises à l’obtention d’une autorisation spéciale d’importation avec une licence auprès du département du commerce extérieur validée par le celui de l’Intérieur.

Une technologie précieuse
Dans un autre registre, il faut relever l’élargissement de l’usage des drones dans le domaine militaire. Les FAR auraient ainsi, selon le Forum FAR Maroc, un système anti-drones Bukovel -AD fabriqué par le Société ukrainienne Proximus. Il permet la détection précoce des drones à une quinzaine de kilomètres; il assure également le blocage complet des canaux de contrôle GPS. C’est l’un des systèmes anti-aériens les plus modernes et les plus sophistiqués: envoi de faux signaux de contrôle, neutralisation à distance des drones hostiles mais aussi la menace d’avions de chasse ou d’avions espions. Ce drone, baptisé Q-9 Reaper , est dirigé à distance par un pilote et un opérateur de capteurs. Il coûte plus de 16 millions de dollars.

En janvier dernier, dans le cadre du contrôle de la migration clandestine, le Maroc a reçu de l’Union européenne 15 drones en plus de l’aide financière de 101,7 millions d’euros.


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