Contribution au fonds spécial COVID-19: après vous M. El othmani et votre équipe !

Ni M. El Othmani ni aucun des membres de son équipe, confinés, n’ont fait preuve de solidarité.

Depuis la création, le 17 mars 2020, sur instructions royales, du Fonds spécial pour la gestion de la pandémie du Covid- 19, l’élan de solidarité se poursuit à ce jour. Des gros bonnets du monde des affaires aux citoyens lambda aux revenus limités, la contribution a été exemplaire, indépendamment des montants ou de la nature des dons. Aussi bizarre que cela puisse paraître, peut-être par pudeur, ni M. El Othmani ni aucun des membres de son équipe, confinés, travaillant par téléphone et visioconférence, le loin possible des risques de contamination, n’ont fait preuve de solidarité, en faisant don d’un mois ou un demi mois de salaire ou encore de leurs grasses primes mensuelles.

N’est-ce pas le gouvernement qui gère ce Fonds spécial Covid-19 ? N’a-t-il pas osé demander une retenue sur salaire des fonctionnaires qui aurait pu passer n’eût été l’opposition des syndicats qui ont demandé que cette option soit volontaire ? Grave est encore le manque de transparence du chef du gouvernement et du ministre des Finances au sujet des 10 milliards de dirhams initiaux qui devaient être injectés dans le Fonds spécial pour la gestion de la pandémie à partir du budget général de l’Etat. A ce jour, aucune nouvelle, aucune communication sur ces 10 milliards. Ont-ils été débloqués ? Dans quel poste budgétaire ont-ils été puisés ? Comment, alors, si c’est le cas, ces milliards ont-il été dépensés ?

Aux sollicitations pressantes de notre journal, M. Benchaâboun est resté sans voix. La communication du ministère le plus actif en cette période de crise sanitaire est en ‘’confinement’’. Peut-être que son silence dénote de cette virtuelle ‘’tutelle’’ que le gouvernement imagine encore avoir sur le secteur de la presse. Elle dénote surtout du manque de transparence dans la gestion de l’argent du Fonds. Là, j’insiste sur une distinction qui doit être faire entre l’argent du budget général (dont on ignore tout sur son sort) et l’argent des contribuables, institutions et entreprises publiques et privées s’entend. Et ne me demandez pas d’où je sors cette distinction. Voici un passage du Décret de création du Fonds : « Ce fonds, doté d’une enveloppe de 10 milliards de dirhams, mobilisé à partir du budget général de l’état, est réservé essentiellement à (…). Outre le budget général de l’Etat, le fonds bénéficiera également de la contribution de plusieurs organismes et institutions(…) ».

Ce déficit de communication est très contagieux au sein du gouvernement El Othmani. Les ministres les plus concernés nous manquent tellement. On a même peur de perdre de mémoire les linéaments de leur visage. On entend parler d’eux qu’à travers les communiqués sans âme. Allez demander à Jamila Moussali, la ministre de la famille, ce qu’elle devient. Car il y a des ménages qui meurent de faim et des familles de médecins et d’infirmiers disloqués “à cause’’ de leur abnégation et leur mobilisation en continu.

A ce déficit de communication se greffent des décisions démotivantes et déplacées du chef du gouvernement dont celle relative à la suspension des promotions et augmentations dans la fonction publique et notamment dans le secteur de l’éducation en dépit des efforts louables d’une grande majorité d’enseignants et instituteurs. A M. El Othmani et son équipe, que Dieu vous vienne en aide si vous n’avez pas les moyens pour contribuer à la solidarité nationale, mais épargnez-nous au moins, par ces temps de crise où règne une psychose générale, votre “indifférence’’ communicationnelle!


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