LES CONTOURS ENCORE FLOUS D'UNE SORTIE DE CRISE

UN PLAN DE DÉCONFINEMENT EN GESTATION

Le plan de déconfinement aurait été confié au cabinet d’études Boston Consulting Group. Une sortie de crise envisagée avec une généralisation des tests de dépistage rapide.

Oui, on parle déjà de déconfinement. En perspective, bien entendu. Pas dans l’immédiat. Car l’état d’urgence sanitaire ne prend fin que le 20 mai 2020. Mais déjà, le relâchement des citoyens est fort inquiétant. Insouciant et nonchalant. Au risque de tout chambouler et de retarder une fois encore le déconfinement partiel envisagé dont le ministre de la Santé, Khalid Aït Taleb, a tenté de tracer les contours lundi 20 avril 2020 devant les parlementaires de la première Chambre. Ainsi, le Maroc «ne pourra absolument pas s’acheminer vers un déconfinement total, général et absolu, en une seule fois, pour tout le monde en même temps. Car, l’épidémie peut reflamber», a indiqué le ministre de la Santé.

Mais attention, le déconfinement n’est pas un jeu d’enfants. Les choses sérieuses, on les confie aux spécialistes. Et dans ce cas de figure, ce sont les grands cabinets d’études. A l’image de l’antenne marocaine de Boston Consulting Group. Ce cabinet fait partie des meilleurs sur le marché marocain et dans le monde, avec une expertise avérée. Mais toujours est-il que ce sont toujours les mêmes qui raflent la mise. N’existe-t-il pas des cabinets d’études marocains qui peuvent composer avec les antennes des cabinets internationaux un consortium performant? N’a-t-on pas des têtes bien pensantes purement marocaines qui peuvent s’associer à ces cabinets étrangers pour s’acclimater avec les pratiques internationales et devenir demain une référence mondiale?

Risque de récurrence
Autant de questions auxquelles des réponses bien précises doivent être apportées. En tout état de cause, le déconfinement envisagé s’appuie sur une généralisation des tests de dépistage rapide. «Autant le recours au confinement est une mesure drastique et facile à mettre en oeuvre, autant le processus de déconfinement reste difficile et complexe», a indiqué M. Aït Taleb. «Ceci, parce qu’il reste tributaire de la situation épidémiologique non pas nationale mais régionale et par localité, car le risque de récurrence est plausible. C’est en ce moment que le dépistage massif combinant les tests antigéniques et sérologiques serait d’un grand apport», a-t-il souligné. A noter que la période de déconfinement reste tributaire de la situation épidémiologique du Maroc et par rapport à l’indice de reproduction du virus «R0». Il faut que cet indice descende en deçà de 1 pour conclure que le risque de contagion d’une personne à une autre est pratiquement très atténué. Aussi, le déconfinement est tributaire de la capacité du Maroc à effectuer un nombre plus élevé de tests de dépistage. A ce titre, la capacité quotidienne des laboratoires nationaux s’élève à 2.000 tests.

Ce nombre devrait augmenter au fur et à mesure avec la réception des équipements médicaux commandés par le Maroc auprès d’autres pays. En effet, le Maroc aurait commandé 700.000 kits de tests Covid-19 à la société sud-coréenne Sugentech. L’information a été fuitée par la presse sud-coréenne qui a annoncé que l’entreprise Sugentech a signé des accords avec plusieurs pays dont le Maroc pour la fourniture des kits de dépistage du coronavirus. Selon la même source, le Maroc aurait commandé 700.000 kits et aurait, jusqu’à présent, payé 600 millions de wons, soit plus de 4,87 millions de dirhams sur le total de la commande


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