Contournement des mesures préventives dans certains cafés, restaurants

UN RISQUE MAJEUR

Si une bonne partie des propriétaires de commerces se conforment aux règlements, il existe une frange qui n’a que faire de ces consignes de prévention, arguant du fait qu’elle ne s’en sortira pas si elle respecte les mesures de distanciation, notamment.

Au début de la crise sanitaire, il y avait beaucoup d’«insoumis» qui ont enfreint, délibérément ou involontairement, les règles de confinement. Aujourd’hui, même après le déconfinement décrété dans les deux tiers du territoire national, certains commerces, salles de coiffure, bains maures, cafés et restaurants, contournent les consignes de réouverture qui ont conditionné l’annonce du redémarrage de leur activité.

Tout le monde sait que les propriétaires de ces commerces ont été appelés à respecter ces mesures préventives afin d’éviter une éventuelle contamination massive au coronavirus. Si une bonne partie des propriétaires de commerces se conforment aux règlements, il existe, comme ailleurs, une frange qui n’a que faire de ces consignes du moment que leur application stricte et à la lettre diminuera largement leurs marges bénéficiaires. Certains arguent du fait qu’ils ne s’en sortiront pas s’ils respectent les mesures de distanciation notamment (seulement 50% de la capacité des commerces), sachant qu’ils ont subi des pertes considérables durant la période de confinement.

Après plus de trois mois d’un arrêt total d’activité en raison des répercussions de la pandémie du coronavirus, le gros des propriétaires des cafés, restaurants, salles de coiffures et bains maures veulent d’abord éponger leurs dettes accumulées (loyers, salaires, frais d’électricité…). Pour eux, renouer avec la rentabilité est une question qui n’est pas posée actuellement, tant que les arriérés ne sont pas encore effacés.

Dettes accumulées
Mais ce souci économique doit-il primer sur celui sanitaire? Si le Maroc a pris la décision du déconfinement progressif, qui n’en est qu’à sa première phase d’ailleurs, c’est qu’il y aura certainement, au gré des résultats positifs attendus, d’autres étapes d’allégement des consignes sanitaires qui vont suivre. C’est indéniable même. C’est donc une question de temps et de patience. Car le non-respect, total ou partiel, des mesures sanitaires préventives ne renforcera pas seulement le risque de propagation rapide du coronavirus dans ces lieux publics, mais il incitera également d’autres propriétaires de commerces à marcher sur les traces des «insoumis» et donnera un alibi à ceux qui appellent aujourd’hui à rouvrir les mosquées et les bars.

Et c’est à ce niveau-là que le contrôle et le suivi des consignes par les autorités locales devraient être ferme. Autrement, on donnera raison à tous ceux qui continuent à croire qu’il y aura une deuxième vague de contamination au coronavirus.


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