FACE AUX CONTESTATIONS, LE POUVOIR INSTRUMENTALISE LA JUSTICE POUR SÉVIR

LE CHAOS ALGÉRIEN

Des manifestations dans la rue, une grève générale des avocats, des partis d’opposition qui tiennent leurs réunions malgré l’interdiction, le principal parti islamiste qui conteste le référendum sur la révision de la constitution…

Mais que se passe-t-il en Algérie? C’est la première fois depuis les années 90 que le pays est en proie à un mouvement inédit de protestation contre la répression et les exactions orchestrées par le pouvoir algérien. Des manifestations dans la rue, une grève générale des avocats, des partis d’opposition qui tiennent leur conseil malgré l’interdiction, le principal parti islamiste qui conteste le référendum sur la révision de la constitution et appelle le peuple à voter «non»…

Tout cela a un point de départ. Outre les manifestations du mouvement de contestation (Hirak), qui a réinvesti la rue après un long arrêt dû à la situation épidémiologique du pays, l’instrumentalisation de la justice pour faire taire toute forme de protestation a été le déclic de ce ras-le-bol populaire appuyé par une grève générale de l’Union nationale des ordres des avocats algériens (UNOA), les 30 septembre et 1er octobre, pour protester contre la «violation des droits de la défense».

Changement du système
Depuis quelques mois déjà, le pouvoir militaire exploite la justice pour condamner des journalistes et des militants associatifs à de lourdes peines afin de faire peur à tous ceux qui oseraient dans le futur affronter ou critiquer le gouvernement ou l’institution militaire qui fait la pluie et le beau temps. Le pouvoir algérien semble dépassé par une population désabusée et une classe politique qui se réveille.

Au pouvoir répressif sans limites de l’establishment algérien s’oppose aussi une classe politique «récalcitrante». Le Mouvement de la société pour la paix (MSP), principal parti islamiste en Algérie, a décidé de participer au référendum sur le projet de révision constitutionnelle le 1er novembre 2020 mais appelle à voter «non» car ce projet «ne reflète pas les orientations de la majorité» du peuple. Le MSP souhaite un «changement du système politique» et notamment que le chef du gouvernement soit nommé au sein du parti remportant les législatives.

A cela s’ajoute l’organisation par le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), un des principaux partis d’opposition, le 25 septembre, de son conseil national, en contournant l’interdiction des autorités.

Outre ses déboires de l’intérieur, le pouvoir militaire algérien est mis à nu à l’étranger. Le Commissaire européen chargé de la Gestion des Crises, Janez Lenarcic, vient de remettre au goût du jour l’affaire du détournement de l’aide humanitaire destinée aux camps de Tindouf par le polisario et l’Algérie, en révélant la vente d’aliments en Mauritanie. Autant de tourments d’un pouvoir basé sur la corruption, les mensonges et la propagande.


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