BIENTÔT UN CONSULAT DE JORDANIE AU SAHARA

Entretien téléphonique entre le Roi Mohammed VI et le Roi Abdallah II

Le royaume hachémite devrait devenir le 17ème pays en moins de douze mois à se doter d’une représentation diplomatique dans les provinces sahariennes.

La débandade de l’Algérie se poursuit. Prochainement, la Jordanie devrait devenir le 17ème pays en moins de douze mois inaugurer un consulat au Sahara marocain. Une décision que la plus haute autorité du royaume hachémite, à savoir le roi Abdallah II, a communiquée au roi Mohammed VI au coeur de l’échange téléphonique qu’ils ont eu ce 19 novembre 2020 et qui ne saurait surtout pas surprendre de la part d’Amman, fidèle allié depuis toujours du Maroc. La capitale jordanienne avait ainsi dépêché, en novembre 1975 déjà, une délégation pour prendre part à la Marche verte, et depuis lors elle n’a jamais manqué d’appuyer l’intégrité territoriale du Royaume.

Le communiqué du Cabinet royal ayant rendu publique son initiative met d’ailleurs en exergue ses «positions de soutien». Au cours de la dernière semaine, la Jordanie a, en outre, été un des premiers pays à saluer l’intervention des Forces armées royales (FAR) dans la zone tampon de Guergargat, où le mouvement séparatiste du Front Polisario entravait depuis le 21 octobre la circulation des biens et des personnes.

Dispositions nécessaires
Toujours selon le Cabinet royal, «les dispositions nécessaires à [l’]effet [de l’ouverture du futur consulat de Jordanie] seront coordonnées par les ministères des Affaires étrangères des deux pays.» Selon différents observateurs, d’autres pays arabes devraient à l’avenir suivre et se doter de consulats au Sahara marocain, après les Comores -en décembre 2019-, Djibouti -en février 2020- et plus récemment, le 3 novembre, les Émirats arabes unis, dont la nouvelle représentation à Laâyoune a sans doute constitué un déclic, étant donné le soft power dont jouit Abou Dhabi dans la région.

L’Algérie, elle, se retrouve par conséquent de plus en plus isolée, et sa rhétorique séparatiste ne trouve plus aujourd’hui écho que dans 29 pays, au moment où 164 États n’entretiennent de relation sous aucune forme avec la soi-disant «République arabe sahraouie démocratique» (RASD), au nom de laquelle le Polisario revendique la partie du Sahara marocain anciennement colonisée par l’Espagne.

Dernier pays en date à retirer sa reconnaissance de l’entité fantomatique, le Guyana le 14 novembre, sachant que le pays sud-américain fut pourtant un des premiers à la reconnaître -en septembre 1979. Ce qui devrait sans nul doute amener la voisine de l’Est à revoir sa copie et éventuellement accepter la main que lui avait tendue le roi Mohammed VI dans son discours de la Marche verte du 6 novembre 2018 en faveur de la mise en place d’un mécanisme de concertation conjoint. Car personne, en fin de compte, ne peut vraiment prétendre tirer profit de la présente configuration, et encore moins le Grand Maghreb.


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