Marocains bloqués en Turquie : le Consul s'explique

La vidéo publiée sur les réseaux sociaux par un artiste et youtubeur marocain, où il décrit “la situation désastreuse” que vivent les Marocains bloqués en Turquie, est vite devenue virale. M’hamed Ifriquine, consul général du Royaume du Maroc à Istanbul, dénonce les fausses allégations portées par l’auteur de la vidéo et nous explique le vrai du faux!

Menaçant d’entamer une grève de la faim, l’acteur Youssef Ouzellal, bloqué en Turquie, a publié une vidéo sur ses réseaux sociaux, accusant le consulat du Royaume de négliger les Marocains bloqués en Turquie, les laissant ainsi sans hébergement, sans nourriture, et sans masques. L’acteur et un concitoyen ont déclaré à travers ladite vidéo, qu’ils dorment à l’aéroport depuis trois jours, et que les autorités marocaines rejettent toute tentative de communication, laissant ainsi les concitoyens à la merci de la police turque, qui n’a pas tardé à les brutaliser avant de les virer de l’aéroport.

Contacté par Maroc Hebdo, le consul général du Maroc à Istanbul nous décrit une toute autre situation. Le consulat et le ministère des affaires étrangères prennent en charge 3.000 Marocains bloqués en Turquie. Hébergés dans différents hôtels du pays, les personnes concernées par la prise en charge sont principalement des touristes dont le retour a été bloqué à cause de la crise du Covid-19. 4.700 personnes est le nombre total d’inscrits sur les listes. Certains sont des étudiants, des résidents en Turquie, ou des personnes qui disposent d’hébergement sur place.

Une affaire de patience
Parmi ces 4.700 Marocains, 1.480 personnes ont pu être rapatriées depuis le début de l’opération, qui a commencé le 16 juin 2020. La priorité est donnée aux personnes âgées, aux femmes enceintes et aux parents ayant laissé leurs enfants au Maroc. Après trois mois d’attente, nos compatriotes bloqués en Turquie s’impatientent. Dès le début de l’opération de rapatriement, plusieurs Marocains se sont dirigés à l’aéroport sans être invités par le consulat.

“Des messages ont été envoyés pour avertir les personnes concernées par les vols précédents. Certains Marocains, dont Youssef Ouzellal, se sont pointés à l’aéroport sans être avisés, empêchant ainsi les personnes déjà inscrites sur les listes d’accéder à leur vol. Cela nous a créé de grands conflits avec les autorités turques, qui ont rejeté ce genre de rassemblements en ces temps de crise”, explique M’hamed Ifriquine, consul général du Royaume du Maroc à Istanbul.

La Turquie est une zone sensible, rappelle le Consul. La proximité du pays avec la Syrie et l’Irak pousse les autorités marocaines à procéder à des études approfondies des dossiers des personnes à rapatrier. En parallèle, et à cause de la situation épidémiologique, les tests de dépistage du coronavirus sont indispensables avant de prendre le vol et rentrer au Maroc. “Il faut un droit d’accès à l’aéroport. Il ne suffit pas de venir sur place, pour prendre un vol et rentrer au Maroc. Tout le monde sera rapatrié, il faut faire preuve de patience pour nous aider à compléter cette opération dans des conditions optimales. Rester à l’hôtel et attendre le signal du consulat, c’est tout ce que nous demandons à nos compatriotes”, déclare M’hamed Ifriquine.

Le responsable assure que la capacité des vols a été augmentée pour accélérer l’opération, tout en respectant les mesures sanitaires requises. Le nombre de places est passé de 100 à 150 par vol. Plus de 1.500 Marocains se trouvent toujours en Turquie, sous la charge du consulat.

Concernant les conditions de la prise en charge, une Marocaine bloquée avec ses parents nous a assuré “qu’ils se trouvent à l’abri dans un hôtel 4 étoiles à Istanbul où ils sont hébergés par les autorités depuis trois mois”. Le service fourni par le consulat général du Maroc est correct, selon les déclarations de la famille bloquée.


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