Peut-on consommer marocain sans produire marocain ?

Produire de la qualité, une exigence qui s'impose à tous.

Selon une étude parue récemment, le «made in Morocco» reste un levier important sur lequel il est possible de bâtir un attachement aux marques chez les Marocains. En effet, depuis plusieurs années, de nombreuses initiatives ont été lancées pour mettre en avant le «made in Morocco» et encourager les différentes cibles à consommer «marocain», précise la même étude, qui note qu’une dynamique devenue aujourd’hui une priorité nationale, voire une urgence dans le cadre du plan de relance économique, en vue d’assurer un équilibre de la balance commerciale.

Le «made in Morocco» peut-il alors se passer d’une politique de substitution d’importations? Politique que le Maroc a relativement développé durant les décennies 60 -70 mais qu’il a abandonné depuis qu’il a repris les recettes du «Consensus de Washington » des années 1990, à savoir les plans d’ajustement structurel et l’ultra- libéralisation, et l’actualisant avec davantage de financiarisation et de pouvoir donné aux intérêts privés. De même, est-ce possible d’atteindre les résultats escomptés dans le cas d’une politique d’import-substitution avec les 55 accords de libre-échange que le Maroc a signés?

Rappelons que la substitution à l’importation permet aux pays qui y recourent de produire eux-mêmes ce qu’ils importent. Cette politique s’est, notamment, imposée comme une option souhaitable, surtout lorsque la crise du covid -19, a poussé certains pays à se tourner vers ce qu’il serait possible de produire chez eux, ne serait- ce que pour éviter, en partie, de dépendre des importations de certains produits considérés comme vitaux pour la santé de la population, comme les masques ou les respirateurs artificiels.

Face à cette situation le retour probable aux politiques de substitution d’importation n’en suscita, pas moins des points de vue divergents. Pour certains observateurs, même en supposant que l’on puisse surmonter tous les obstacles, jadis, liés à la politique de substitution d’importation, l’appliquer aujourd’hui dans des économies devenues si dépendantes du commerce international est considéré comme une entreprise risquée.

Car , disent-ils, le commerce international du Maroc, par exemple, dépasse 90 % du PIB. Le relèvement des droits de douane du Maroc à des niveaux astronomiques serait immédiatement visible par les partenaires commerciaux, qui prendraient des mesures de représailles.

Néanmoins, d’autres observateurs n’en considèrent pas moins, aussi, qu’avec une telle politique d’import-substitution, des opportunités peuvent exister pour les industriels ou investisseurs marocains. A condition que l’État mette en place une politique industrielle qui reconnaisse les secteurs présentant un avantage comparatif révélé, mais sans oublier, d’accorder, en même temps, une attention particulière à la suppression des obstacles réglementaires, infrastructurels et autres au développement de ces secteurs. Il est également possible, disent-ils, de mener des politiques intersectorielles plus actives de promotion et d’information sur les exportations pour mettre en valeur le «made in Morocco».