LES BONS CONSEILS DE SAÏD AMZAZI AUX PARENTS D’ÉLÈVES

"Gardez vos enfants dans le privé!"

Quand ce n’est pas son combat personnel, le ministre de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur change de discours. Le secteur public n’a pas la capacité d’accueil pour les parents d’élèves qui veulent migrer du privé.

Saïd Amzazi change de fusil d’épaule quand il s’agit de négocier avec le lobby des écoles privées et quand il s’agit de dissuader les parents d’élèves d’inscrire leurs enfants dans les écoles publiques. Tout le monde se rappelle encore la bataille de M. Amzazi pour les frais d’études de ses enfants, inscrits dans des écoles relevant de la Mission française.

Et lorsqu’il a été question d’appuyer la cause commune de milliers de ménages financièrement impactés par la crise sanitaire, qui demandaient que les écoles privées réduisent les frais sachant que ces dernières n’ont pas subi quelques charges fixes depuis mars 2020, M. Amzazi a agi en politique qui veut préserver des centaines d’écoles privées, ou plutôt des centaines d’entreprises qui ont pour marchandise l’enseignement.

Ce qui est loin d’être son combat, étant ministre de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur. Bref, on laisse les parents se saigner et on leur demande de rester calmes. En tout état de cause, le lobby de l’enseignement privé ne lâche pas prise, face à des parents d’élèves déçus mais pas résignés. Ce lobby passe à l’offensive. Représenté par l’Alliance de l’enseignement privé au Maroc et la Fédération marocaine de l’enseignement et de la formation privés, il appelle à une grève nationale, afin de «sauver l’école privée» et «assurer la prochaine rentrée scolaire 2020-2021».

Il veut bien sa part du gâteau des fonds dédiés aux entreprises touchées par la crise du Covid-19. «L’État n’a pas protégé les composantes de l’école privée que sont les familles, les cadres pédagogiques ainsi que les investissements, même si la décision a été prise d’arrêter les cours et d’assurer la continuité des cours à distance», précise l’argumentaire expliquant la démarche conjointe des deux entités.

Pour ces instances «le département de tutelle n’a pas abordé la question avec le sérieux requis» malgré l’urgence des attentes. Pour ne pas perturber les préparatifs de l’examen du baccalauréat, les écoles ont décidé d’instaurer une permanence «en vue de dispenser les services d’urgence aux familles et aux élèves qui devront passer cette épreuve», selon le communiqué annonçant le mouvement collectif prévu aujourd’hui. En plus de garantir les conditions de succès pour la prochaine rentrée, les représentants des écoles privées exigent «de ne pas sous-estimer les efforts qui ont été fournis pour assurer le succès de l’enseignement à distance» et de prendre en compte la participation des écoles privées aux efforts d’amélioration du contenu des formations.

Pour rappel, la part du privé dépasse 16,7% dans le primaire, 9,2% dans le secondaire et 7,1% dans le supérieur, selon les données du dernier Atlas territorial de l’enseignement privé au Maroc, réalisé par le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique. Même si sa participation dans l’offre globale n’est pas encore assez conséquente, elle lui donne du pouvoir pour mener des négociations. De bonne guerre, sauf quand les bonnes intentions de certains s’entremêlent avec les intérêts miséreux d’autres.


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