Conseil de paix et de sécurité de l'Union Africaine: Rabat balise le terrain

En arrachant le soutien de la Libye à sa candidature au CPS, le Maroc tire le tapis sous les pieds de la diplomatie algérienne, qui souhaite faire de ce conseil une vitrine de ses visées séparatistes au Sahara marocain.

Une sacrée gifle que celle que vient d’asséner la Libye au régime algérien en apportant son soutien à la candidature du Maroc pour siéger au Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine. Soutien formellement exprimé ce dimanche 28 novembre 2021, au cours de son échange avec son homologue marocain, Nasser Bourita, par la ministre des Affaires étrangères libyenne, Najla Elmangoush.

Celle-ci a, en même temps, annoncé que son pays n’était plus candidat et a invoqué, eu égard à l’appui manifesté envers le Royaume, les “relations fraternelles solides”. Ce qui fait que le Maroc se trouve face à un boulevard et qu’il devrait, en toute logique, retrouver le CPS, après y avoir déjà siégé de 2018 à 2020.

Alger ne peut, pour sa part, en dire autant, puisqu’elle ne pourra plus user à sa guise de ce conseil, qui tient lieu de “conseil de sécurité” africain, pour faire avancer son agenda hostile au Royaume et plus particulièrement à son intégrité territoriale.

Négociations sans conditions
On peut, à cet égard, renvoyer à la décision prise le 9 mars 2021 par le CPS afin que le Maroc et la soi-disant “République arabe sahraouie démocratique” (RASD), au nom de laquelle le mouvement séparatiste du Polisario revendique la partie du Sahara marocain anciennement colonisée par l’Espagne, “entame[nt] des négociations directes sans conditions préalables à cet effet”.

M. Bourita avait parlé une dizaine de jours plus tard, lors d’un point presse donné dans la ville de Rabat aux côtés du ministre des Affaires étrangères guinéen, Ibrahim Khalil Kaba, de “non-événement”. “Ce communiqué est le fruit de manoeuvres et d’irrégularités qui ont entaché la procédure d’adoption,” avaitil fustigé. Réputé neutre, en tout cas plus que ne l’était son prédécesseur algérien, Smaïl Chergui, le nouveau commissaire aux affaires politiques, à la paix et à la sécurité de l’UA, Bankole Adeoye, qui se retrouve depuis le 7 février 2021 à la tête du CPS, était en déplacement le 16 novembre 2021 au Maroc et avait pris fait et cause pour une participation plus active du Royaume.

Et il avait, surtout, fait l’impasse sur la question du Sahara marocain; ce qui illustrerait, selon certains observateurs, sa volonté de ne pas se laisser entraîner par la diplomatie algérienne sur son terrain et de laisser l’Organisation des Nations unies (ONU) seule chapeauter le processus de paix. Lors d’entretiens qu’il avait eus le 29 juillet 2021 puis le 29 août 2021 avec le ministre des Affaires étrangères algérien, Ramtane Lamamra, M. Adeoye n’avait d’ailleurs également pas voulu discuter avec son interlocuteur du sujet.