Confusion au Burkina Faso

Tentative de putsch

La Commission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a demandé aux militaires “de demeurer dans une posture républicaine et de privilégier le dialogue” avec les autorités.

Les établissements scolaires du Burkina Faso sont fermés pour deux jours (lundi et mardi), annonce un communiqué du ministre en charge de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation, Stanislas Ouaro. «Au regard de la situation nationale, marquée par des mouvements d’humeur dans certaines casernes du pays», les établissements scolaires resteront fermés les lundi 24 janvier et mardi 25 janvier sur toute l’étendue du territoire nationale, souligne le communiqué, relayé lundi par l’Agence d’information du Burkina (AIB).

Des tirs ont été entendus dans la nuit de samedi à dimanche, dans certaines casernes de la capitale burkinabè et celles des villes comme Kaya (Centre-nord), rappelle la même source. Lors d’une intervention sur la télévision nationale, dimanche, le ministre de la Défense, le général Barthélémy Simporé, a indiqué n’avoir pas encore connaissance des motivations réelles qui ont poussé des soldats à entrer en mouvements.

Une “grande préoccupation”
Il avait assuré que «la situation est sous contrôle» et que «le gouvernement suit la situation et communiquera en temps opportun sur l’évolution». Les tirs se sont poursuivis, dans l’après-midi de dimanche, au camp Sangoulé Lamizana, puis la nuit, dans d’autres casernes, alors qu’un décret présidentiel instaurait, sur toute l’étendue du territoire national, un couvre-feu de 20h à 5h30 à partir du 23 janvier jusqu’à nouvel ordre.

Pour sa part, le président de la Commission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) suit avec une «grande préoccupation» la situation au Burkina Faso. La CEDEAO appelle au calme et marque sa solidarité avec le président Roch Marc Christian Kaboré, le gouvernement et le peuple du Burkina Faso, selon un communiqué de l’instance.

La Commission de la CEDEAO demande aux militaires «de demeurer dans une posture républicaine et de privilégier le dialogue» avec les autorités, ajoute la même source. Toutefois, selon l’AFP, le président Roch Marc Christian Kaboré aurait été arrêté lundi 24 janvier et serait détenu dans une caserne de Ouagadougou. «Le président Kaboré, le chef du Parlement (Alassane Bala Sakandé) et des ministres sont effectivement aux mains des soldats », à la caserne Sangoulé Lamizana de Ouagadougou, a déclaré à l’AFP une source sécuritaire, information confirmée par une autre source au sein des services de sécurité.

Au pouvoir depuis 2015, le président Kaboré, réélu en 2020 sur la promesse de faire de la lutte anti-jihadiste sa priorité, était de plus en plus contesté par une population excédée par les violences jihadistes et son impuissance à y faire face, poursuit l’AFP.