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Le confinement favorise la croissance du paiement en ligne

Mikaël Naciri, directeur général du Centre monétique interbancaire (CMI)

Grâce ou à cause au confinement, les consommateurs marocains sont de plus en plus nombreux à acheter et surtout à payer en ligne. Plusieurs activités ont créé des plateformes de paiement en ligne. Le CMI assure que les transactions sont hautement sécurisées.

L’activité du paiement en ligne aurait connu une croissance importante en cette période de confinement. Qu’en est-il vraiment?
Nous avons constaté durant les deux dernières semaines une croissance importante du paiement en ligne, que ce soit pour les activités classiques comme le règlement des factures ou bien pour les achats de l’alimentaire, des soins, le cosmétique et, depuis quelques jours, le prêt-à-porter et les articles de mode. Si on compare cette période à une autre proche, la croissance est de 50%. Elle s’accélère. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’il y a eu une période au moment du début du confinement, durant les deux dernières semaines de mars plus précisément, où les paiements en ligne ont connu un tassement. Le ralentissement était dû à la baisse puis l’arrêt de l’activité des compagnes aériennes. Excepté cette activité, les autres secteurs d’activité se sont bien comportés.

Quels sont les secteurs qui ont compensé la baisse de l’activité Airlines?
Ce sont principalement l’alimentaire et les livraisons de repas et d’achats. Les pâtisseries ont une hausse d’activité en ligne à la veille de Ramadan.

Peut-on donc dire que le confinement a été bénéfique à l’activité du paiement en ligne?
En effet, le paiement en ligne va être porté par cette situation de confinement. Et c’est tant mieux du moment que la pression physique sur les marchés va baisser et que le paiement des factures en ligne remplace le paiement en cash dans les petits points de services. Le paiement mobile et le m-banking fonctionnent très bien. A l’opposé, plusieurs commerces ont fermé. Bref, le confinement a favorisé une croissance des achats et du paiement en ligne. Les deals, l’alimentaire, le cosmétique, mais aussi les écoles qui ont créé des plateformes de paiement en ligne et quelques enseignes de mobilier, ont boosté cette activité.

Qu’est-ce que le CMI a fait justement pour renforcer la sécurité?
Nous avons tout un dispositif de supervision, de prévention et de monitoring. En matière de sécurité, nous n’avons pas baissé la garde. Les transactions sont aussi sécurisées qu’auparavant, conformément aux normes et aux règles internationales qui permettent de préserver l’identité bancaire et les numéros de cartes et la protection des commerçants des tentatives de fraude.

Les e-consommateurs avaient pourtant certaines appréhensions quant au paiement en ligne.
Cela se passe plus dans la tête des gens. En cette période de confinement, quand on voit la croissance du nombre des transactions, on s’aperçoit que de nouveaux clients commencent à payer sur internet. Il y a des perceptions du risque à payer en ligne qui commencent petit à petit à se dissiper. C’était peut-être un prétexte pour d’autres raisons. Aujourd’hui, ils n’ont pas le choix ou ont moins d’opportunités d’aller acheter des produits cosmétiques dans des magasins vu que plusieurs activités se sont mises au paiement en ligne.