Le confinement a provoqué des déchirements graves au sein des familles marocaines

Environ 16.000 divorces prononcés en 2020

En raison d’un confinement prolongé qui a duré près de quatre mois, entre mars et juin 2020, les familles marocaines ont subi des déchirements sociaux importants. En témoigne l’enregistrement de 16.000 divorces en 2020, contre 13.000 en 2019.

Le confinement d’environ quatre mois qu’ont vécu les Marocains au tout début de la pandémie, entre mars et juin 2020, n’a pas eu que des conséquences économiques et financières sur les ménages. Il a eu également des conséquences sociales terribles. Parmi celles-ci: l’explosion des divorces. Privés de sortir de chez eux sauf en cas d’extrême nécessité, les couples marocains ont vécu des moments difficiles qui a eu un impact énorme sur leurs relations conjugables.

Résultat, selon le tribunal social de première instance de Casablanca, les divorces ont atteint en 2020 environ 16.000. Un chiffre important qui a augmenté d’environ 30% par rapport à l’année 2019. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, ces divorces ont été prononcés par les différents tribunaux du Royaume alors que ces derniers tournaient au ralenti pendant la période de confinement, privilégiant ainsi le mode à distance.

Procédure de réconciliation
Mais ce nombre élevé pourrait notamment s’expliquer par la rapidité et la simplification des procédures à la faveur de la mesure exigeant des époux de fournir un contrat légalisé par les autorités compétentes attestant leur accord préalable sur toutes les formalités et obligations, comme l’indemnisation, la pension alimentaire, la garde et le logement, surtout en cas d’enfants à charge. Les cas les plus nombreux ont été enregistrés parmi les familles pauvres ou issues des milieux défavorisés.

Impactés par la crise économique et la perte de leurs emplois, les époux ont eu régulièrement un comportement violent au sein de leurs familles, tout particulièrement envers les femmes qui ont subi des agressions conjugales d’une rare violence. Lâchée par la famille, marginalisée par les associations, la femme violentée fait souvent de l’action judiciaire son ultime recours pour s’extraire de l’enfer de son époux.

Mais force est de constater que ces divorces entraînent, en plus de la dislocation du foyer, des méfaits graves sur les enfants qui pourraient tomber facilement dans la délinquance. Ainsi, l’usage de la drogue est le principal vice auquel s’adonnent ces enfants. Autres causes évoquées pour expliquer la hausse des divorces: les différends financiers et matériels, l’ingérence des membres de la famille, des difficultés dans les relations intimes et les causes personnelles.

Mais plusieurs spécialistes recommandent, pour circonscrire le phénomène, d’activer et de renforcer la procédure et les mécanismes de réconciliation, le but étant de préserver la stabilité et la cohésion de la famille et de protéger les relations conjugales.