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Conditions de travail des agents de gardiennage et des femmes de ménage : L’alerte d’Oxfam

Salaires dérisoires, conditions de travail précaires, heures supplémentaires non rémunérées, absence de couverture sociale… Des conditions de travail difficiles décrites par Oxfam Maroc. Détails.

Précarité et vulnérabilité. C’est ce que vivent quotidiennement de nombreux agents de gardiennage et les employés de nettoyage. Une situation difficile qui ronge bon nombre d’entre eux. Pour en savoir plus, Oxfam Maroc a réalisé une enquête sur leurs conditions de travail. Le constat est affligeant, particulièrement chez les femmes de ménage. «Les employées du nettoyage s’activent souvent dans une forme d’emploi atypique et certaines d’entre elles sont confrontées à différents types d’abus et à des menaces de licenciement», indique l’Ong.

Des propos qui nous rappellent les déclarations de la parlementaire affiliée à l’Union marocaine du travail (UMT) Fatima El Idrissi, qui avait révélé en décembre 2021, en marge de la séance des questions orales consacrée à la violence faite aux femmes, que les femmes de ménage exerçant à la Chambre des conseillers perçoivent une rémunération de 1.600 dirhams par mois, loin des 3.000 dirhams indiqués sur leur contrat. D’autres travaillant à temps partiel ne touchent que 800 dirhams par mois. Plus grave encore, ces travailleuses peuvent faire des heures supplémentaires non rémunérées.

«Les femmes travaillant de 7h à 16 h continuaient à travailler jusqu’à minuit lors des discussions sur le projet de loi de finance, soit après la clôture desdites séances, pour le même salaire», insiste-t-elle. Globalement, selon la députée, celles travaillant dans les institutions publiques perçoivent environ 2.828,71 dirhams, soit moins que le Smig. La situation précaire de ces femmes, recrutées par des entreprises sous-traitantes via des contrats d’intérim, réduit considérablement leurs capacités de mobilisation. «Elles ne sont pas couvertes ou peu couvertes par les mécanismes de la protection sociale», déplore l’organisme, non sans préciser que ces sociétés prestataires «font signer à ces employés des contrats de six mois à répétition ».

Moins que le Smig
Et par conséquent, «en cas de contestations de leurs conditions, ces dernières peuvent donc se retrouver en situation d’arrêt de travail sans aucune visibilité de reprise». D’après Oxfam ce recours intensif à ce mode de recrutement aggrave les inégalités et la précarité au travail puisque, dans une même structure, les différents membres d’une équipe de nettoyage peuvent avoir des statuts différents: les titulaires, les contractuels et les salariés d’une entreprise prestataire.

De même, toutes ces personnes affectées à des tâches quasiment similaires, ne bénéficient ni des mêmes avantages, ni des mêmes salaires. «Les titulaires reçoivent un salaire fixe, tandis que les intérimaires sont rémunérés sur la base du nombre d’heures travaillées. Le personnel sous-traitant voit, quant à lui, une partie de son salaire récupérée par l’entreprise prestataire», explique-t-elle. Chez les agents de sécurité, le tableau n’est guère plus reluisant. Présents dans les administrations, les entreprises, les banques, les écoles, hôpitaux, etc., ces hommes en uniformes souffrent le martyre. En silence.

Recrutés de la même façon que les employés de nettoyage, et exploités à fond par leurs employeurs. D’après l’auteure du rapport, le nombre de sociétés de gardiennage est estimé à 1.957 par le ministère de l’Intérieur. Un chiffre qui, selon elle, contraste avec la réalité. Pis, ils travaillent tous les jours de la semaine, y compris les week-ends et jours fériés, sans percevoir les indemnités d’heures supplémentaires légales ni de congé. Et «plusieurs entreprises de gardiennage opèrent dans le secteur informel, n’offrant ni stabilité ni couverture sociale aux agents qu’elles emploient».

Pas de couverture sociale
Outre cette précarité, ces agents effectuent des actions qui n’entrent pas dans leur domaine de compétences, comme l’activité de coursier ou de facilitateur, ou la gestion des situations de crise ou de colère en cas d’insatisfaction des usagers, en tant qu’agent préposé à l’accueil ou encore dans les services d’urgence des hôpitaux. Souvent pas de couverture sociale et d’assurance contre les accidents de travail.

A leurs risques et périls. Comme cet agent, cité par le rapport. «Devant la porte de l’hôpital, j’ai été attaqué par un groupe de personnes armées et en colère. Le salaire que je perçois ne me permet ni de me soigner ni de subvenir aux besoins de ma petite famille. Quand j’essaye d’expliquer la difficulté de ma situation, je suis toujours sujet de rabaissement à la fois de la part de l’employeur et du citoyen», déplore- t-il.

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