LA COMPAGNIE NATIONALE EN DIFFICULTÉ

LE PLAN DE SOUTIEN À ROYAL AIR MAROC PEINE À VOIR LE JOUR

L’aide étatique devra être versée de sorte à sortir la compagnie de sa crise, en gardant et sa flotte et son personnel. Sa compétitivité en dépend tout simplement.

Pour toutes les compagnies aériennes du monde, publiques ou privées, la mesure de l’impact réel de la crise économique qu’a engendrée la pandémie du Covid-19 est loin d’être facile à appréhender. Pour l’heure, les Etats tentent de préserver leurs compagnies nationales en injectant des aides directes en attendant de définir un plan de développement viable post-Covid-19. Au Maroc, la situation de la compagnie nationale, Royal air Maroc (RAM), n’est pas meilleure comparée à ses “consoeurs”.

Même un peu tardive, l’intervention de la ministre du Tourisme, de l’artisanat, du transport aérien et de l’économie sociale, Nadia Fettah, devant les parlementaires, le lundi 8 juin 2020, a été bien accueillie par le management de la compagnie, qui l’attendait depuis un moment. Ainsi, la ministre a révélé la crise dans laquelle baigne la RAM depuis le début de l’état d’urgence sanitaire, qui a engendré la fermeture des frontières aériennes et terrestres et qui, par conséquent, a forcé la compagnie à clouer sa flotter au sol. L’absence des recettes a contraint la compagnie à puiser dans ses “économies”. Aujourd’hui, des suppressions d’emplois à la RAM sont envisagées. Abdelhamid Addou, DG de la RAM, avait déclaré que depuis le début de l’épidémie du coronavirus au Maroc, la compagnie aérienne accuse un manque à gagner de 50 millions de dirhams par jour.

Lors de son audition parlementaire, la ministre du Tourisme, Nadia Fettah, a expliqué que la baisse du trafic aérien au Maroc est estimée à 20% pour l’année en cours. Avec une perte de 5 millions de passagers, toutes les compagnies aériennes opérant dans le pays seront touchées. Toujours est-il que la RAM sera la compagnie la plus touchée étant donné qu’elle assure 65% du trafic aérien au Maroc.

La ministre a ajouté que la subvention financière de l’Etat sera conditionnée par la réduction de moitié la taille de la flotte de la compagnie pour garder 30 avions sur les 59. Dans ce cas, la RAM devra peut-être réduire son personnel de 2.500 personnes, voire de 3.000, pour un effectif actuel de 5.000 postes (Groupe). Ce qui est inacceptable. L’aide étatique devra être versée de sorte à sortir la compagnie de sa crise, en gardant sa flotte et son personnel. Sa compétitivité en dépend tout simplement. Comment la compagnie pourra-t-elle assurer les vols internes (relancés le 14 juin 2020) ou encourager le tourisme national à travers des vols long-courrier avec une flotte amputée de sa moitié?

Certains optent pour la privatisation de la compagnie. Mais à quel prix? Aujourd’hui, la question de la suppression des effectifs et de la réduction de la flotte de la RAM ne fera que renforcer sa crise financière. Autant la privatiser que de réduire sa flotte, qui en fait une entreprise stratégique, notamment pour les destinations africaines.