Le comité national scientifique recommande le maintien d'Astrazeneca

CAMPAGNE DE VACCINATION

Le comité national scientifique ad hoc pour l’élaboration de la stratégie vaccinale recommande le maintien du vaccin AstraZeneca dans la campagne de vaccination. L’Agence européenne du médicament et l’OMS abondent dans le même sens.

Pas de panique, le vaccin AstraZeneca reste sûr et efficace contre le Covid-19. C’est en quelque sorte la quintessence de l’avis publié mercredi 17 mars 2021 par le comité national scientifique ad hoc pour l’élaboration de la stratégie vaccinale. Dans son document, le comité recommande de maintenir le vaccin britanno-suédois dans la campagne de vaccination, tout en préconisant un suivi des éventuels effets indésirables post-vaccinaux, et le maintien de la veille scientifique. «Pour le moment, 30 cas de maladies thromboemboliques ont été rapportés en Europe pour 5 millions de doses du vaccin AstraZeneca (0,06 pour mille). Au Royaume-Uni, 35 cas ont été rapportés pour 9,7 millions de doses de vaccin (0,03 pour mille)», indique-t-il pour motiver sa décision.

Ces experts scientifiques soulignent que «ces chiffres sont bien en dessous de l’indice annuel de la maladie qui est de 1 cas pour 1.000 en Europe et en Amérique du Nord. La situation n’est guère alarmante au Maroc. Le Centre national de pharmacovigilance a seulement reçu la notification de quatre cas de thromboses, après l’administration de plus de 5,9 millions de doses, dont plus de 4,6 millions du vaccin AstraZeneca. A ce jour, le Maroc a reçu 8,5 millions de doses, dont 6 millions issus de ce laboratoire.

L’OMS rassure
Cette posture du comité scientifique marocain est similaire à celle de l’Agence européenne du médicament (AME), qui a indiqué, mardi 16 mars, que «la balance bénéfice/risque reste positive» pour ce vaccin. «Nous sommes toujours fermement convaincus que les avantages du vaccin AstraZeneca dans la prévention du Covid, avec son risque associé d’hospitalisation et de décès, l’emporte sur le risque de ces effets secondaires», a déclaré sa directrice exécutive Emer Cooke, lors d’une visioconférence. «A l’heure actuelle, rien n’indique que la vaccination ait causé ces problèmes. Ils n’ont pas été mentionnés dans les essais cliniques et ils ne sont pas répertoriés comme effets secondaires connus ou attendus», affirme-t-elle, non sans préciser que l’AME prend la situation «très au sérieux».

L’Agence européenne se réunit actuellement dans son siège à Amsterdam pour évaluer les nouvelles craintes évoquées par plusieurs pays européens sur ce vaccin et va publier un avis sur la question. Une quinzaine d’entre eux, dont l’Allemagne, la Suède, le Danemark, l’Italie, la Norvège et la France ont suspendu par précaution l’utilisation de ce vaccin après le signalement de caillots sanguins chez des personnes vaccinées.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) émet également sur la même longueur d’onde. «Nous ne voulons pas que les gens paniquent et, pour le moment, nous recommandons que les pays continuent de vacciner avec AstraZeneca», a préconisé Soumya Swaminathan, cheffe scientifique de l’OMS, lors d’une conférence de presse organisée le 15 mars à Genève. «Nous n’assistons pas à une envolée des cas de thrombose veineuse alors que plus de 17 millions de personnes ont été vaccinées.

Des thromboses et des embolies ont lieu tous les jours. Nous n’avons pas reçu de rapport faisant un lien direct entre le vaccin et ces thromboses», rassure-t-elle, tout en reconnaissant qu’aucun vaccin n’est sûr à 100 %. L’Organisation onusienne, qui s’est réunie le 16 mars pour aborder cette question, devrait publier ses conclusions dans les prochaines heures.