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Un combat acharné pour la dépénalisation de l’avortement

Mobilisation des associations

La sordide histoire de Meriem, 14 ans, violée et décédée le 6 septembre dernier suite à un avortement clandestin a suscité l’émoi de la société et l’ébullition des association féminines.

Le cauchemar qu’a vécu Meriem en subissant un avortement clandestin qui s’est soldé par sa mort a mis, une nouvelle fois, en évidence le danger des avortements clandestins pratiqués dans des conditions sanitaires parfois insalubres et a déclenché de nouveau le débat sur la dépénalisation de l’avortement.

Alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) annonce que près d’un avortement sur deux est à risque et qu’un tiers est pratiqué dans des conditions dangereuses ou très risquées pour la vie des femmes, ce qui résulte qu’une femme meurt toutes les neuf minutes d’un avortement non sécurisé dans le monde, la législation marocaine continue de restreindre les droits et la santé sexuels et reproductifs des femmes et interdit tout avortement sauf lorsqu’il s’agit d’«une mesure nécessaire pour sauvegarder la santé de la mère et qu’il est ouvertement pratiqué par un médecin ou un chirurgien avec l’autorisation du conjoint», selon l’article 453 du Code de la famille. Le Code pénal marocain prévoit jusqu’à deux ans de prison pour celles qui, pour la plupart désespérées, auraient osé faire appel à une «faiseuse d’ange».

Ainsi, les différents acteurs associatifs et militants des droits de l’Homme et de la protection de l’enfance n’ont point tardé à réagir à ce drame. L’ONG marocaine Printemps de la dignité, un collectif qui rassemble vingtcinq associations féministes, a condamné un «acte odieux» et la «double violence» dont cette jeune fille a été victime, notamment «un viol qui a abouti à une grossesse et à un avortement clandestin dans des conditions dangereuses».

La coalition a également exigé une réforme radicale du Code pénal, en harmonie avec les principes de la Constitution et des pactes internationaux, «pour que ce drame ne se répète pas». Elle a également recommandé d’élaborer un plan de prévention contre les grossesses non désirées. Ce dernier aurait pour but de sensibiliser «les filles et les femmes en leur offrant une éducation sexuelle, des informations et les outils nécessaires pour accéder au droit à un accouchement sans risque», précise un communiqué officiel publié le mardi 20 septembre 2022.

Une journée de deuil collectif
Pour sa part, Oumaima Achour, professeure à l’Université Mohammed V, à Rabat, et militante associative, précise: «Au-delà de cette histoire sordide, des centaines de jeunes filles sont contraintes d’avoir recours à la clandestinité pour mettre fin à leur grossesse, ce qui présente un grand risque sur leur vies, c’est pourquoi nous luttons depuis de longues années pour changer la loi».

Le 20 septembre, les réseaux sociaux débordaient d’images, de textes et de hashtags de deuil pour la jeune Meriem. Une journée de deuil, de la dénonciation et de la révolte, proposée par le mouvement Hors-la-loi. «En sa mémoire (Meriem), nous organisons une journée de deuil collectif, pour nous tenir aux côtés de sa famille et de ses proches. Pour ne pas oublier. Pour résister», écrit le mouvement. «On se souviendra toujours de toi #Meriem, et tout en te gardant dans nos pensées, nous espérons, prions et luttons, pour un meilleur avenir pour nos enfants marocains», a indiqué le mouvement Hors-la-loi.

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