La colère des infirmiers du public contre le ministre

Les infirmiers et techniciens de santé manifestent devant les hôpitaux

Mise en place d’une instance nationale des infirmiers, revalorisation de la prime de risque et création d’un référentiel des compétences et métiers sont, entre autres, les principales revendications de ce mouvement.

La situation du corps médical refait surface. Après les protestations des médecins et des infirmiers, du fait des retenues sur leurs salaires suite à une décision unilatérale du gouvernement pour renflouer le Fonds spécial du Covid-19, les infirmiers montent au créneau pour dénoncer leurs conditions difficiles de travail et le manque de reconnaissance de la part du ministre de la santé. Lors d’une sortie au Parlement, le 23 juin dernier, Khalid Aït Taleb, avait, en effet, évoqué la nouvelle stratégie qu’il compte mettre en place pour renforcer l’offre sanitaire dans notre pays tout en mettant l’accent sur le rôle des médecins dans la réussite de cette nouvelle stratégie.

Une sortie parlementaire qui avait suscité la colère des infirmiers du secteur public, qui n’ont pas compris pourquoi le ministre les a exclus de son discours. Ni pourquoi il n’a pas donné suite à leurs doléances. Menés par le mouvement des infirmiers et techniciens de santé au Maroc, des sit-in ont eu lieu, mercredi 1er juillet 2020, devant les hôpitaux de plusieurs provinces du Royaume.

Selon Afaf Elam, infirmière et membre du Conseil national de ce mouvement, «les sitin ont connu un franc succès et beaucoup d’infirmiers y ont participé sauf ceux qui travaillent dans les services d’urgence, de réanimation et les services destinés aux traitement des malades du Covid-19». Cette infirmière militante affirme que ses confrères, bien que souffrant de nombreux problèmes, ont suspendu toute manifestation de protestation pendant la pandémie, considérant que leurs efforts devaient être concentrés sur la lutte contre cette crise sanitaire.

Ce retour à l’action protestataire se justifie, désormais, par une aggravation de la situation matérielle des infirmiers et l’inaction du ministère de la santé à revaloriser leur statut. Spontané à son début, le mouvement des infirmiers et techniciens de santé au Maroc milite actuellement, avec ferveur, pour la concrétisation de trois revendications majeures. La première a trait à la mise en place d’une instance nationale des infirmiers, comme cela existe pour les autres professions, notamment les médecins.

Pour un référentiel des compétences
«L’absence de cette instance nationale pénalise fortement notre profession et la rend davantage vulnérable et exposée à tous genres de risques», estime Afaf Elam. Le mouvement appelle également le ministre de la santé à revaloriser leur prime, de risque qui est actuellement de 1.400 dirhams alors que celle des médecins est de 5.900 dirhams. «On ne demande pas de nous aligner avec les médecins, mais que notre prime de risque soit valorisée à 3.000 dirhams», explique- t-elle.

Autre revendication importante: la création d’un référentiel des compétences et métiers pour la profession. Or, l’absence de ce référentiel pose un sérieux problème pour les infirmiers, qui sont souvent amenés à exécuter des tâches qui ne relèvent pas de leurs compétences. Des centaines d’infirmiers sont actuellement poursuivis en justice pour des actes médicaux qui ont coûté la vie aux patients. Le ministre de la santé répondra-t-il à leurs doléances?.


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