La cochenille du cactus accentue ses ravages

Un patrimoine national à sauver en urgence

La cochenille du cactus se propage dans plusieurs régions du Maroc, détruisant des productions entières et des milliers d’emplois.

Simple hasard de calendrier ou concordance des circonstances, il semble que l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) mène une large campagne de communication ces derniers temps en s’attaquant à trois produits considérés comme patrimoine national, en l’occurrence le thé, la menthe et puis, tout récemment, la figue de barbarie, ou le cactus. A Casablanca, l’accès au marché du gros de la figue de barbarie ravagé par la cochenille est désormais interdit.

Tout a commencé en 2014 lorsque la gestion moue de l’alerte de propagation de cet insecte qui continue de ravager la culture des figues de barbarie de l’est à l’ouest, du nord au sud du Royaume. La cochenille du cactus s’attaque à cette denrée alimentaire qui fait la renommée du Maroc à l’international au travers plusieurs films documentaires sur des chaînes TV étrangères.

Déjà, la production du cactus lors de cette saison avait connu une baisse, rompant avec une hausse annuelle de plusieurs années. Le cours de l’huile précieuse de figue de barbarie avait alors atteint des sommets jusque-là inimaginables. Certains avaient expliqué cette hausse par le fait que les exportations de cette huile prisée ont renchéri les prix à l’intérieur, du fait notamment d’une offre locale en baisse.

Sensibilisation et prévention
Mais cette analyse faisait fi d’une réalité qui s’installait, sinueusement. En effet, la baisse de l’offre était due à une baisse de la production nationale, conséquence directe de la propagation de la cochenille du cactus qui fait encore autant de ravages au Maroc. Une première apparition de l’insecte a été décelée au Douar Saniat Ber- Marouane KABBAJ guig, province de Sidi Bennour. Cet insecte a été ensuite localisé dans certaines zones, telles que les provinces de Sidi Bennour, Rhamna et El Youssoufia, connues pour produire du cactus de grande qualité.

En 2019 encore, la cochenille continue de se propager. Elle a été récemment détectée au Sud du Royaume. En juin déjà, les Marocains étaient habitués à trouver des vendeurs ambulants de figue de barbarie à chaque coin de rue. Cette année, ces vendeurs ambulants se font rares. La faible intervention de l’ONSSA permet à cet insecte de se disséminer à volonté. Les efforts devaient être multipliés au niveau de la sensibilisation et la prévention notamment. Et des contrôles et un suivi systématique devaient obligatoirement se faire.

Agir en aval sans être proactif en amont donne des résultats mitigés et ne permet pas de venir à bout de cet insecte qui fait que des milliers de tonnes de ce fruit béni partent en fumée


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