Une coalition contre le danger iranien au Moyen-Orient

le maroc invité à faire partie d’une stratégie de défense aérienne arabo-israélo-américaine

La “Loi DEFEND” de la sénatrice Joni Ernst vise à échafauder une stratégie de défense aérienne et antimissile, en collaboration avec le Maroc et d’autres pays inclus dans les Accords d’Abraham, pour protéger le Moyen-Orient contre les attaques de l’Iran et des groupes extrémistes soutenus par Hezbollah, comme le Polisario.

La finalité militaire de l’«Abraham Accords Caucus», constitué en janvier 2022 par des sénateurs républicains et conservateurs américains, se précise. Le 9 juin 2022, au lendemain d’une attaque de drone contre le consulat américain en Irak, soupçonnée par les Etats-Unis d’être commise par les forces iraniennes par procuration, la sénatrice républicaine Joni Ernst, vétéran de la guerre mondiale contre le terrorisme et membre du Comité sénatorial des forces armées, a présenté sa proposition de loi baptisée “La loi DEFEND” (Deterring Enemy Forces and Enabling National Defenses), portant sur la création d’un système de défense aérien et anti-missile entre les pays inclus dans les Accords d’Abraham, Israël et les Etats-Unis, dans le dessein de lutter contre l’agression iranienne au Moyen- Orient. Joni Ernst était accompagnée des coprésidents de l’«Abraham Accords Caucus», les sénateurs républicains Jacky Rosen, James Lankford et Cory Booker.

«Le plein potentiel des Accords d’Abraham, de la coopération économique, des échanges en matière d’éducation, des accords commerciaux entre Israël et nos partenaires du Moyen-Orient, ne peut être atteint sans un engagement en faveur de la sécurité collective. Le rôle de l’Amérique dans l’activation et la mise en réseau de nos alliés et partenaires au Moyen-Orient doit évoluer à mesure que les extrémistes violents, comme l’Iran, changent de tactique et intègrent de nouveaux systèmes capables de causer des dommages catastrophiques contre des cibles civiles. Cet effort bipartite et bicaméral dirige les États-Unis à travailler avec nos alliés et partenaires dans la région pour construire un système intégré de défense aérienne et antimissile afin de faire face à la menace posée par l’Iran et ses mandataires extrémistes violents», a-t-elle déclaré à la presse américaine.

La loi DEFEND exigerait que le ministère de la Défense (DOD), dirigé par le général Lloyd Austin, échafaude une stratégie pour travailler en collaboration avec l’Irak, Israël, la Jordanie, l’Égypte, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Maroc et d’autres alliés et partenaires au Moyen-Orient afin d’établir une architecture de défense et une approche d’acquisition qui utiliserait une combinaison de capacités de défense aérienne et antimissile pour protéger la région contre les attaques de l’Iran et des groupes extrémistes soutenus par l’Iran, comme le Polisario. Elle a été soumise au Congrès américain pour vote.

Stupéfiants et trafic de tous genres
En dehors des pays concernés par les Accords d’Abraham, une invitation a été adressée à d’autres Etats arabes en vue de rejoindre le projet de l’alliance militaire, comme l’Arabie saoudite et l’Irak. «Nous comprenons que ces deux Etats ne font pas partie des Accords d’Abraham (…) mais il est extrêmement important que nous poursuivions les discussions avec eux et que nous les incluions dans le cadre de cette loi», a révélé la sénatrice Joni Ernst.

La proposition de loi a eu l’aval d’organisations juives aux Etats-Unis qui ont pignon sur rue, connues pour entretenir de bonnes relations avec le Maroc. Il s’agit, entre autres, de l’«American Jewish Congress», l’«American Jewish Committee (AJC)» et surtout l’«American Israel Public Affairs Committee (AIPAC)», lit-on sur le site web de Joni Ernst. Le Maroc, qui a rompu ses relations diplomatiques avec l’Iran le 1er mai 2018, est grandement concerné par cette stratégie de défense commune ou bien cette nouvelle coalition en gestation contre le danger iranien au Moyen-Orient. Au Sahel, l’Iran, par le truchement du Hezbollah, finance l’achat des armes du Polisario. La chaîne i24 News a diffusé une enquête dans le cadre de l’émission Défense.

Elle a démontré l’implication de l’Iran, par le biais du Hezbollah, dans le financement et l’armement du Polisario, avec l’aide de l’Algérie, pour mener des actes terroristes au Sahel et contre le Maroc. L’équipe du tournage a suivi un groupe de soldats au Mali quelques mois avant le coup d’Etat appuyé par les généraux par Moscou et les mercenaires de Wagner. Stupéfiants et trafic de tous genres financent les armes du Polisario et arrangent les caciques du désert et les généraux algériens qui maintiennent la pression sur le Maroc au nom de tout un peuple en otage dans les camps de la honte (Tindouf), souligne la chaîne. L’Iran lance la guerre par procuration en envoyant les membres du Hezbollah dans la région. Un jeu dangereux révélé par des organismes privés et les services de renseignement occidentaux.

La chaîne donne aussi la preuve que Amir Moussaoui, l’ancien attaché culturel de l’ambassade de l’Iran à Alger, n’était qu’une couverture. M. Moussaoui est un agent des services d’espionnage iranien mais aussi un haut cadre du Hezbollah. C’est lui qui a armé le Polisario. Un des amis de M. Moussaoui, Tarek El Aissami, l’ancien vice-président du Venezuela, activement recherché par la douane américaine et l’agence anti-drogue, est impliqué dans ce trafic illicite jusqu’au cou.

Les Forces armées royales ont déjà commandé, en février 2022, le système israélien de défense anti-aérienne et antimissile Barak MX. Les FAR ont aussi acquis le système de défense israélien anti-drones Skylock Dome. A rappeler aussi les discussions menées lors du sommet de Neguev, organisé les 27 et 28 mars 2022 en Israël, auquel le ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita a pris part. Était-ce un prélude à une stratégie de défense commune telle qu’elle a été établie par les sénateurs américains initiateurs de l’«Abraham Accords Caucus»?