Co-fondatrice de l’association « Je m’engage pour l’Afrique », la militante s’évertue pour un monde plus inclusif. Amina Zakhnouf, l’étoile montante africaine


Envoutante, charismatique, Amina Zakhnouf incarne le renouveau du continent africain. Son activisme pour l’émergence d’un nouveau paradigme passionne par-delà les frontières.

“Monsieur le président, nous souhaitons voir émerger un réseau parapublic dans tout le territoire français destiné à l’accueil, l’accompagnement, la rencontre avec les locaux et consacrant la citoyenneté économique de la diaspora!” Des applaudissement nourris résonnent en réaction dans la Sud de France Arena de Montpellier, salle accueillant le sommet France-Afrique de 2021. Amina Zakhnouf, le regard ferme, la voix assurée, micro à la main, interpellait alors le président de la République française, Emmanuel Macron. «Alors Monsieur le président, pour s’envoyer des lettres on a la poste, pour envoyer de l’argent comment on fait!», conclut la jeune Marocaine de 27 ans, sous les vivats des invités présents dans l’enceinte. La séquence a fait le tour des réseaux sociaux. Depuis, Mme Zakhnouf fait l’objet de la sollicitation de la presse pour parler de son activité associative.


Transferts de fonds
C’est que la thématique des transferts de fonds de la diaspora lui tient à cœur. Un enjeu qu’elle porte, au regard de son importance pour le développement du continent. Elle estime qu’il s’agit d’une mine d’or peu exploitée, qui est de nature à générer de la croissance durable en Afrique.
Diplômée de Science Po Paris, sélectionnée parmi un panel de jeunes entrepreneurs africains prometteurs pour participer au sommet France–Afrique de 2021 aux côtés de M. Macron, Elle a lancé, avec sa co-fondatrice, Ileana Santos, en 2021, Je m’engage pour l’Afrique. Un incubateur de politiques publiques citoyen qui œuvre entre l’Afrique, la Méditerranée et l’Europe. Son ambition est «d’accélérer la participation citoyenne et l’engagement afin de faire émerger une nouvelle génération de jeunes engagés pour l’Afrique». Elle entend repenser la gouvernance des politiques publiques liées aux enjeux clés du développement de l’Afrique, notamment en encourageant une prise de décision plus participative, reflétant la réalité et les particularismes locaux.

La jeune Amina se définit comme une militante accomplie. A l’origine de sa prise de conscience politique, l’observation d’un ordre mondial inégalitaire. «On en a marre de voir les mêmes acteurs politiques préempter le débat médiatique et les grandes décisions qui régissent notre monde. Lorsque vous regardez les grand-messes internationales, comme le G20, par exemple, ce sont toujours les mêmes profils», déplore-t-elle dans un geste de rébellion.

Cheveux ondulés, port de tête altier, sourire charmeur, Mme Zakhnouf a tout pour convaincre. Son dessein est de faire évoluer les représentations en s’engageant dans la voie associative, installer l’idée que tout le monde à un rôle à jouer dans le façonnement de notre monde. Son organisation offre de nombreuses formations aux jeunes afin de «construire des futurs souhaitables pour l’Afrique et la Méditerranée». D’autres programmes sont destinés à «promouvoir l’engagement citoyen au sein des entreprises qui contribuent au développement économique de l’Afrique et de la Méditerranée».  Son projet a de quoi susciter des vocations…

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