La CNDP prend position sur la future application de traçage des contaminations au COVID-19

LE TRACKING FAIT DÉBAT

Via un communiqué, l’instance présidée par Omar Seghrouchni a en partie repris à son compte l’interrogation, voire l’inquiétude citoyenne au sujet de l’application de traçage des contaminations au Covid-19 commandée par l’Intérieur.

C’est fin avril-début mai que doit être rendue disponible pour les terminaux mobiles des Marocains l’application de tracking des contaminations au Covid-19 pour laquelle le ministère de l’Intérieur, en partenariat avec les départements de la Santé et de l’Industrie, avait lancé un appel à manifestation d’intérêt le 10 avril 2020 par le biais de l’Agence de développement du digital (ADD). Et si beaucoup y voient la solution la meilleure pour passer rapidement à l’étape du déconfinement, alors que le gouvernement vient de se voir obligé ce 18 avril de prolonger pour un mois encore l’état d’urgence sanitaire qu’il avait décrété le 20 mars du fait d’un nombre de cas qui ne faiblit pas du tout, d’autres s’inquiètent des atteintes pour la vie privée que l’adoption de cette application pourrait constituer, à l’instar de la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel (CNDP).

Via un communiqué publié le 16 avril, l’instance présidée par Omar Seghrouchni a certes tenu à saluer, en premier lieu, “le courage politique et opérationnel avec lequel le ministère de la Santé et le ministère de l’Intérieur adoptent cette démarche proactive”. “Il est louable que le gouvernement anticipe,” indique-t-elle. Toutefois, elle a, en partie, repris à son compte ce qu’elle a qualifié d’“interrogation, (..) voire, [d’]inquiétude citoyenne” suscitées par la révélation du chantier de l’application par les médias nationaux, sans aller cependant jusqu’à en faire une position de principe, en se fendant d’une série de recommandations à l’adresse du gouvernement pour balayer lesdites interrogation et inquiétude. Principale recommandation, celle d’un déploiement de l’application qui se ferait “sur la base d’une confiance volontariste”; c’est-à-dire que seuls les Marocains qui le voudront procéderont à son téléchargement, sans y être obligés.

Code open source
Car beaucoup se demandent si, en en ordonnant le chantier, le ministère de l’Intérieur n’aurait pas dans l’idée de l’imposer à tous. En outre, la CNDP a invité le gouvernement à “veiller à ne pas réutiliser les données à caractère personnel autrement que pour la finalité affichée”, c’est-à-dire celle de l’endiguement du nombre de contaminations. Dans ce sens, le document de cadrage adressé le 9 avril par le ministère de l’Intérieur à l’ADD avait mis l’accent sur un traitement décentralisé des données, avec stockage sur les terminaux des utilisateurs, mais la CNDP en demande donc plus.

Enfin, la commission a également appelé “à partager, voire rendre publics, le code développé, les architectures et les technologies utilisées en autorisant leur audit citoyen”, rejoignant en cela l’élu FGD (Fédération de la gauche démocratique) Omar El Hyani, qui via une tribune publiée sur le journal électronique Médias24 avait souligné que le code de la future application de tracking se devait d’être open source. A mesure que le lancement de l’application se rapproche, le débat sur son volet éthique devrait sans nul doute faire rage au sein de la société et parmi les différents pôles de décision...


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