Clôture à Casablanca du premier festival du patrimoine musical marocain

La culture du goût et de la créativité


Quelle meilleure occasion que celle d’organiser, à Casablanca, la première édition du festival du Patrimoine Musical Marocain pour rendre hommage aux multiples dimensions de notre héritage culturel, notamment sous forme de chant et de musique. Pari d’autant plus réussi que les organisateurs de cette première et à leur tête Berrada Mohamed Azelarab, président de la Fondation du Patrimoine Musical Marocain, n’ont pas manqué, lors de la soirée de clôture de ce festival, de remercier et d’honorer Abdellatif Mazouz, président de la région Casablanca-Settat pour sa disponibilité et collaboration entière. Ainsi, en choisissant d’unir, en ce lieu magnifique qu’est le Palais El Méchouar, en trois soirées -du 11 au 13 mai 2023- non seulement musique marocaine moderne (Groupe orchestral des artistes de Jeunes Générations ) mais aussi Gnaoua et Aita sans oublier Jil Jilala et Aissaoua, le festival a créé de nouvelles synergies. Car c’est dans les innovations que l’art se développe et évolue.

Parfaite compréhension
Dès la première soirée, l’association «Des hommes & des femmes au service de la société »a eu l’honneur de présenter le fruit de ses efforts à travers des jeunes prometteurs qui ont prouvé en de nombreuses occasions et festivals la hauteur de leurs talons, représentés par : Iman Al-Gaouzi - Afaf Al Rwishi – AbdelKhalek Al-Rammah - Zakaria Al-Muttaqi. Une jeune voix de haut calibre a participé également à ce concert et qui n’est autre que le ténor Rida Ben Youssef.

Ces jeunes ont présenté une collection d'anciens chants marocains, accompagnés d’un groupe de musiciens éminents de la scène nationale, dirigé par l’artiste : Amir. Doté d’une voix puissante et d’une personnalité qui va avec, Hamid El Kasri a su transmettre, avec émotion et éloquence, au public -venu nombreux pour assister à la deuxième soirée du festival- sa parfaite compréhension et sa maîtrise de ce style musical spirituel qu’est le genre « Gnawa ».

Un autre nom, jeune originaire de Bejaâd, Nacim Haddad , à la fois chercheur, animateur et artiste marocain a réussi, lui aussi à capter avec son ensemble , au cours de cette deuxième soirée, le public, en lui transmettant sa passion pour le chant populaire marocain « Aita ». Passion qu’il partage, d’ailleurs, chaque samedi sur «Al Aoula », avec le grand public marocain. Quant à l’ensemble dirigé par Mkadem Haj Mohamed Belhaj , il a su capter, le public de la troisième soirée, par ses mélodies chantées, donnant goût à la nouvelle génération pour se mettre dans le temps du 21ème siècle sans perdre les principes fondamentaux de l’âme Aissaoui.

Sur un autre plan, sous la direction d’Abdelkrim Kasbaji, la musique de Jil Jilala et ses paroles de la vie de tous les jours, a permis au public de cette troisième soirée, de vibrer aux chants de ce groupe, devenu une sorte de patrimoine populaire culturel marocain. Par ailleurs, deux tables rondes n’ont pas manqué d’aborder des sujets aussi passionnants que « Le patrimoine musical marocain: Entre hier et aujourd’hui », ou «L’art et la science comme vecteurs de transmission de valeurs spirituelles».

La première table ronde ,modérée par Abderrahim Hafidi, avec la participation de Abdellah Ben Mlih, Mustapha Shimi, Ahmed Aydoun et Mekki Zouaoui, n’a pas manqué de faire un retour sur la genèse de ce moment culturel et artistique singulier et pluriel, ses débuts et ses acteurs . Elle a tenté d’explorer l’étendue de l’influence de ce fait de société, dont l’impact jusqu’à aujourd’hui sur l’inconscient collectif marocain ne s’est jamais démenti.

Articles similaires