Clélia Chevrier Kolacko: "Le Bibliotobiss est une opération durable"

Entretien avec Clélia Chevrier Kolacko, DG de l’institut Français du Maroc

Lancée ce 28 juin 2021 par l’Institut français du Maroc, l’initiative Bibliotobiss s’apprête à sillonner l’ensemble des régions du Maroc et “aller à la rencontre des populations des quartiers excentrés et ruraux”.

Bibliotobiss se veut un «espace culturel et multimédia itinérant». Pouvez-vous nous en dire plus sur cette initiative et ses tenants?
Le Bibliotobiss est une caravane des temps modernes qui proposera, en un lieu unique, un véritable Institut français mobile offrant un accès à la culture, sous toutes ses formes, aux publics les plus éloignés.

Ce Bibliotobiss n’est pas qu’un lieu, ce sont aussi des hommes et des femmes, puisque des médiateurs culturels de l’Institut français l’accompagneront dans son périple, et le feront vivre en français, amazigh et darija, pour que la langue ne soit pas une barrière, offrant ainsi conférences, projections, lectures, réalité virtuelle mais aussi activités sportives.
Le bus sera opérationnel toute l’année et fera halte de deux à trois semaines dans tout le Royaume.

Bibliotobiss est-il une opération à caractère conjoncturel ou comptez- vous la reproduire encore dans le futur? Le Bibliotobiss est vraiment une opération durable. Il ne fera pas que passer mais laissera des traces tangibles de son passage puisqu’il déposera des ressources disponibles pérennes aux écoles, aux associations rencontrées et aux publics rencontrés.

L’objectif de ce dispositif itinérant est d’aller à la rencontre des populations des quartiers excentrés et ruraux. En investissant les espaces publics, en coopérant avec les associations qui travaillent sur le terrain, en développant le nomadisme et des dispositifs itinérants tel que le Bibliotobiss, l’Institut français du Maroc espère démystifier l’image que les publics se font parfois de nos établissements et permettre ainsi aux populations les plus isolées d’avoir accès à la culture à travers notamment des contenus multimédias interactifs et des projections de films.

On le sait, l’événementiel en général, et particulièrement l’événementiel culturel, a été grandement affecté par la pandémie de Covid- 19. Qu’en a-t-il été pour l’Institut français du Maroc?
Oui, il a fallu nous réinventer. Pendant le confinement nous avons surtout veillé à garder le lien avec notre public en lui proposant une programmation culturelle variée en ligne, par exemple des concerts live Facebook. Nous en avons profité aussi pour développer des co-productions franco-marocaines, chose que nous commencions à faire mais que nous n’avions pas eu l’occasion de développer.

Avec le confinement nous sommes passés à la vitesse supérieure en lançant des appels à projets pour soutenir la scène artistique et culturelle, en portant une attention particulière au format hybride (entre numérique et présentiel).

Nous avons aussi doté l’Institut d’un nouveau dispositif de professionnalisation constitué de 4 FabLab et d’un LabDigital, et d’un dispositif mobile, le Bibliotobiss. Car si le digital est aujourd’hui incontournable, le présentiel reste nécessaire, et cette crise nous a également montré que la culture est plus que jamais indispensable.