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5 Coachs africains au Mondial 2022: Quand le mythe des “sorciers blancs” s’effondre


Le Maroc, le Sénégal, le Ghana, la Tunisie et le Cameroun disputeront la Coupe du monde 2002 sous la houlette de sélectionneurs locaux. Une première dans l’histoire des participations africaines dans cette compétition planétaire. Découvrons leurs profils.

 Finie l’épopée des «sorciers blancs», bienvenue dans l’ère des génies locaux. Cinq sélectionneurs africains seront à la tête des représentants du continent lors au Mondial 2022, prévu du 20 novembre au 18 décembre 2022 au Qatar. Une première. Walid Regragui (Maroc), Aliou Cissé (Sénégal), Otto Addo (Ghana), Jalel Kadri (Tunisie) et Rigobert Song (Cameroun) présideront aux destinées de leurs troupes durant ce grand rendez-vous du ballon rond. Des managers au parcours riche, qui n’ont rien à envier à bien des sélectionneurs étrangers qui ont pignon sur rue dans plusieurs capitales africaines.

Walid, pour oublier Vahid

Regragui, nommé le 31 août 2022 pour un contrat de 4 ans à la tête des Lions de l’Atlas. L’ancien international marocain, qui a disputé la finale de la CAN 2004, contre la Tunisie (hôte et vainqueur) avec des coéquipiers comme Noureddine Naybet et Youssouf Hadji, a succédé à Vahid Halilhodzic, vivement critiqué par la Fédération royale marocaine de football (FRMF) et le public marocain pour sa gestion du vestiaire, particulièrement le cas Ziyech. Ce jeune coach de 47 ans, vainqueur de la Ligue des champions CAF et de la Botola pro avec le Wydad de Casablanca aura la lourde tâche de conduire le navire marocain à bon port. Une mission qui est loin d’être une sinécure. Un challenge pas facile, avec F majuscule, comme le nom du groupe dans lequel le Maroc est logé. La Belgique, classée troisième lors du dernier Mondial en Russie, la Croatie, vice-championne du monde, se dresseront sur la route des coéquipiers du capitaine Romain Saiss. Deux grandes montagnes à gravir pour franchir le palier du premier tour. Le Canada, considéré comme un client de moindre calibre face à ces deux mastodontes, ne sera pas non plus une proie facile. Mais Regragui, qui fut l’adjoint du sélectionneur national Rachid Taoussi en 2012, pourra s’appuyer sur son riche CV et son expérience internationale pour galvaniser ses troupes et les pousser à se surpasser pour relever ce défi. Compliqué, mais pas impossible.

Aliou Cissé, 46 ans, est de la même génération. En poste depuis le 5 mars 2015, l’ancien international sénégalais, capitaine légendaire de la génération dorée de 2002, a imprimé ses marques et réussi un parcours élogieux avec les «Lions de la Téranga». Malheureux quart de finaliste contre le Cameroun à la CAN 2017, l’équipe est montée en puissance deux ans plus tard en accédant à la finale de ce tournoi, avant d’être défaite par l’Algérie (1-0). Un échec qui a revigoré les partenaires de Sadio Mané et permis au Sénégal de remporter son premier trophée continental lors de la dernière CAN face à l’Egypte. L’homme aux dread locks et au style de coaching particulier était déjà entré dans l’histoire du football sénégalais en étant le premier entraineur local à emmener la sélection à la Coupe du monde en 2018, sa deuxième participation après celle de 2002. Logé dans le groupe A, avec le Qatar, pays hôte, les Pays-Bas et l’Équateur, le Sénégal ambitionne de passer ce premier cap pour effacer l’élimination précoce en 2018. Un pari à la portée des champions d’Afrique, sous la houlette de Cissé, l’expérimenté.


Quittons Dakar pour aller à Yaoundé, et y retrouver Rigobert Song. Même âge que Cissé et même particularité: les dread locks. L’ancien défenseur emblématique des «Lions Indomptables», notamment vainqueur des CAN 2000 et 2002, nommé le 28 février 2022 à la tête du Cameroun, a succédé au portugais Antonio Conceiçao, limogé après la décevante troisième place lors de la CAN 2021 en tant que pays hôte. Après avoir obtenu une qualification à la Pyrrhus lors du dernier tour qualificatif à Blida, en Algérie (1-2), grâce à un but de Karl Toko-Ekambi à la dernière seconde des prolongations, les Camerounais devront se surpasser dans le groupe G, aux côtés du Brésil, de la Serbie, de la Suisse. A Song de s’appuyer sur son vécu continental et international pour permettre à son pays de se qualifier en 8e de finale, contrairement à ses deux dernières participations en 2010 et 2014.

Jalel, de l’ombre à la lumière

Revenons au Maghreb pour prendre la direction de Tunis. Pour leur sixième participation à la Coupe du monde, les «Aigles de Carthage» seront sous la houlette de Jalel Kadri (51 ans), plusieurs fois sélectionneur adjoint, et dont l’expérience a commencé en 2001. Le natif de Tozeur (sud-ouest de la Tunisie) a remplacé Mondher Kebaier, actuel coach du Raja de Casablanca, depuis le 30 janvier 2022, après l’élimination de la Tunisie en quarts de finale de la CAN 2021 face au Burkina. Il aura fort à faire dans un groupe D où l’on retrouve la France, championne en titre, le Danemark et l’Australie.

Addo, l’école allemande.

Au Ghana, la fédération ghanéenne mise également sur l’expertise locale. Otto Addo (47 ans), nommé le 9 février 2022, conduira le navire des «Black-Stars» au Qatar, pour sa quatrième participation en cinq éditions. Le successeur du Serbe Milovan Rajevac, remercié après une élimination au premier tour de la dernière CAN, a décroché son ticket devant le Nigéria, l’un des géants du continent. L’ancien pensionnaire de la Bundesliga (championnat allemand), notamment des clubs Dortmund et Hambourg, dans lesquels il a exercé le poste d’entraîneur adjoint, tentera de faire un beau parcours, face à de grandes sélections comme le Portugal, l’Uruguay et la Corée du Sud, dans le groupe H.

 

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