CHER CRÉDIT À LA CONSOMMATION

LES REPORTS DES ÉCHÉANCES BANCAIRES SE MULTIPLIENT

Malgré la tendance baissière du taux directeur de Bank- Al- Maghrib, les taux des crédits à la consommation et à l’immobilier n’en finissent pas d’augmenter.

Dans sa récente note de conjoncture, la Direction des études et des prévisions financières (DEPF), relevant du ministère de l’Economie, des finances et de la réforme de l’administration, n’a pas manqué de relever qu’au moment où, concernant l’évolution des taux débiteurs, le taux moyen pondéré global a poursuivi sa tendance baissière au deuxième trimestre 2020, enregistrant un repli, en glissement trimestriel, de 29 points de base pour se situer à 4,58%, les taux des crédits à la consommation et à l’immobilier ont augmenté respectivement respectivement à 7,09% et 5,22%.

Un crédit de plus en plus cher au moment où certains ménages se trouvent dans une situation ou leurs revenus sont impactés par la crise liée à la pandémie Covid-19. Ainsi, pour des raisons personnelles ou familiales, tel citoyen ayant contracté un crédit à la consommation pour financer l’achat d’une voiture, ou tel salarié placé en «arrêt temporaire de travail», sont, de ce fait, dans l’impossibilité d’honorer leurs engagements vis-à-vis des banques auprès desquelles ils ont contracté des crédits à la consommation.

Déficit de liquidités
Certains emprunteurs en difficulté n’hésitent pas, alors, à solliciter les banques pour leur accorder le droit de suspendre l’exécution de leurs obligations vis-à-vis d’elles. Ils peuvent, à ce titre, bénéficier du report des échéances bancaires. Et ce, conforment à l’article 149, qui se pose comme alternative, voire complément aux mesures prises par le Comité de veille économique dans le cadre de la lutte contre l’impact de la pandémie covid-19. Mesures qui portent, entre autres, sur le report des échéances bancaires pour une durée maximum de six mois à partir du mois d’avril.

Si cet article 149 est une bouffée d’air pour les emprunteurs, pour le secteur bancaire, il est comme «l’épée de Damoclès», dans un contexte marqué non seulement par une inflation de crédits en souffrance, mais aussi par un besoin de liquidité. «Besoin de liquidités des banques qui a poursuivi son creusement au cours du mois de juillet dernier, se situant en moyenne à 102,7 milliards de dirhams (MMDH) après 100,4 MMDH en juin et 96,5 MMDH en mai 2020», selon la Direction des études et des prévisions financières. Cette évolution est en relation, particulièrement, avec la hausse de la circulation fiduciaire à l’occasion d’Aïd Al-Adha, explique la DEPF.

De ce fait, poursuit la même source, Bank Al-Maghrib (BAM) a augmenté le volume de ses opérations d’injection de liquidité, qui s’est établi en moyenne à près de 111,8 MMDH après 105,4 MMDH le mois précédent. La banque centrale est intervenue, notamment, à travers les avances à 7 jours sur appels d’offre, dont le volume moyen s’est élevé à 40,4 MMDH et a procédé à des opérations de pension livrée pour 38,4 MMDH, précise la DEPF.


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