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Chauffeurs de grands taxis et jeunes voyous saccagent les nouveaux bus de Casablanca

Les autorités appelées à frapper fort

Au lendemain de leur mise en circulation, les nouveaux bus de Casablanca subissent des actes de vandalisme de la part des chauffeurs de grands taxis et jeunes voyous. Scandalisés, les Marocains appellent à sévir fortement contre les fauteurs de troubles.

Quelques jours, à peine, après leur déploiement effectif, le samedi 13 février 2021, les nouveaux bus mis en circulation à Casablanca ont été la cible d’attaques criminelles de la part de jeunes voyous. Les images, qui circulent sur les réseaux sociaux, donnent un spectacle ahurissant et désolant pour un nouveau service présenté pour combler les Casablancais et redorer le blason d’une métropole qui a été longtemps en mal de ses transports en commun.

Vitres brisées, chaises endommagées, chauffeurs attaqués, caméras cassées, les dégâts matériels semblent, pour le moment, importants. De telles images ont suscité indignation et dégoût chez les Marocains, qui appellent à sévir sans merci contre les auteurs de ces abominations sans nom.

Selon un premier bilan établi le mardi 16 février 2021, par la société espagnole Alsa, qui exploite le transport par bus dans la métropole économique, une quinzaine d’engins ont été, jusqu’à présent, pris pour cible. Le patron d’Alsa Al Baida, filiale du groupe Alsa, El Mehdi Safouane, explique que «la nouvelle flotte de véhicules est équipée de caméras de surveillance haute définition pour contrôler les gestes et agissements des fauteurs de troubles qui ne respectent pas les lois en vigueur, dans le but de garantir un fonctionnement fluide et agréable aux usagers».

«Ces caméras, ajoute M. Safouane, sont contrôlées instantanément grâce à une plateforme de suivi implantée au niveau du siège de la société, ajoutant que le chauffeur peut joindre à tout moment le siège pour informer sur les actes de vandalisme et appeler à une intervention immédiate».

Des sanctions plus lourdes
Mais est-ce suffisant pour lutter contre de tels actes? Le patron d’Alsa Al Baida renvoie ainsi la balle aux autorités locales, en particulier la police, qui doit agir au plus vite pour arrêter les criminels. Mercredi 17 février, la police annonce avoir arrêté trois mineurs pour actes de vandalisme. Présentés devant le procureur du Roi près le tribunal correctionnel de première instance de Casablanca, ils seront, selon toute vraisemblance, jugés à un ou deux mois de prison ferme.

Or, pour les Marocains, de telles peines légères ne sont pas suffisantes pour les dissuader de récidiver. Au contraire, à leur sortie de prison, suite à leur probable séjour carcéral avec leurs aînés dans le banditisme, ils deviennent plus aguerris au crime qu’ils pourraient pratiquer en bande organisée. D’où la nécessité de réfléchir à des nouvelles sanctions judiciaires plus lourdes et plus efficaces contre des actes qui ont longtemps empoisonné la vie des Casablancais.

La justice est incitée à frapper fort pour protéger les biens privés et publics contre ces casseurs sans foi ni loi qui sèment la terreur dans la société. Or, force est de constater que le phénomène s’aggrave avec le temps. Pour les responsables d’Alsa Al Baida, il n’y a pas que les casseurs qui les empêchent de travailler normalement. Il y a aussi ces chauffeurs de grands taxis qui bloquent les bus et agressent leurs chauffeurs sur les nouvelles lignes créées par la société pour relier certains quartiers périphériques au centre urbain de Casablanca.

C’est le cas, notamment, du nouveau quartier résidentiel, Victoria, situé dans la banlieue de Bouskoura sur lequel opéraient exclusivement les grands taxis. Au lendemain de l’ouverture de la nouvelle ligne par Casabus, les nouveaux véhicules d’Alsa ont été totalement bloqués et leurs chauffeurs agressés. Pour le patron de la société Alsa Al Baida, «c’est une situation hallucinante que nous vivons avec ces chauffeurs de grands taxis. Mais nous essayons de la gérer au mieux en coordination avec les autorités».

Une situation chaotique
La même situation mafieuse est vécue à Nouaceur mais aussi dans le quartier populaire Lissasfa. Les grands taxis se sont amassés sur la route, en état de grève, pour barrer la route aux nouveaux bus. Ceci a provoqué une situation chaotique pour les habitants qui, pour certains, n’ont pas pu se rendre à leur lieu de travail ou encore ont manqué leurs rendez-vous importants, pour d’autres.

Au vu des images qui ont enflammé la toile, on se croirait vivre dans une république bananière où les lois sont bafouées, les autorités défiées et les citoyens pris en otage. En guise d’explications, le secrétaire général de la section régionale du Syndicat marocain des professionnels du transport, Mohamed Benatia, explique que les chauffeurs de grands taxis ne sont pas contre le déploiement des nouveaux bus mais ils sont plutôt contre les conditions de ce déploiement.

Évoquant les restrictions auxquelles sont soumis les grands taxis dont, entre autres, le respect de la distanciation avec leur fonctionnement à une capacité de 50%, le syndicaliste demande à ce que les autorités leur permettent de fonctionner à 100% de leur capacité. Un problème de tarification se pose également pour les grands taxis. Obligés de relever leurs prix entre 20 et 30 dirhams en raison de la pandémie, les grands taxis se retrouvent désormais en déphasage tarifaire total avec les nouveaux bus, qui proposent 8 dirhams seulement sur les lignes interurbaines au-delà de 30 kilomètres.

Pour beaucoup, les problèmes vécus par les grands taxis doivent être discutés avec les autorités et non les pousser à saccager les bus et bloquer les Marocains pressés de vaquer à leurs occupations. De tels comportement dignes des réseaux de banditisme empêchent notre pays d’avancer et de prendre de belles initiatives telles ces bus flambant neufs qui représentent une véritable délivrance pour les Casablancais qui ont longtemps souffert d’un transport urbain chaotique et dégradé. Il est, en effet, temps d’agir contre ces réseaux mafieux et l’Etat doit sortir de son isolement pour prendre sérieusement ses responsabilités.

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