La charge de la compensation explose à fin mai 2021

Le pouvoir d'achat de plus en plus mis à mal

Selon de nombreux analystes, la surchauffe qui s’est emparée, ces derniers mois, des marchés des matières premières risque de s’intensifier avec les signes avant-coureurs de la reprise économique internationale.

Selon la dernière livraison de la Trésorerie générale du royaume, sur les cinq premiers mois de l’année 2021, les dépenses de compensation ont pratiquement doublé, par rapport à la même période de 2020. Le montant comptabilisé s’élève, en effet, à 6,3 milliards de dirhams au lieu de 3,07 milliards à fin mai 2020, soit une forte augmentation de 105,5%. La dépense ainsi engagée représente déjà 46% du montant prévu par le budget (13,54 milliards de dirhams). Et tout porte à croire que cette prévision sera dépassée.

Selon de nombreux analystes, la surchauffe qui s’est emparée, ces derniers mois, des marchés des matières premières risque de s’intensifier avec les signes avant-coureurs de la reprise économique internationale.

Pour le Maroc, cela se traduit, en particulier par l’effet sur les prix du gaz naturel et du sucre, les deux produits qui bénéficient du soutien de la Caisse de Compensation. Or, les cours du gaz butane qui représente plus de 80% du montant de la compensation reste orienté à la hausse, dans le sillage du baril du pétrole. Sur douze mois, l’envolée enregistrée sur les marchés mondiaux s’est établie à 82%, précisent certaines sources proches du marché.

Dans le sillage du pétrole
Pour le sucre, les prix après avoir enregistré des fluctuations plutôt dominées par la hausse ont tendance à se stabiliser à un niveau élevé: 213,5 euros la tonne. Au-delà, le pouvoir d’achat du consommateur marocain risque aussi d’être affecté par la hausse qui touche les autres matières premières.

Le cours du blé s’est apprécié de 22% en six mois à la Bourse de Chicago. Mieux, celui du maïs a crû de 60% et le soja est à son sommet en six ans. Même le sucre, longtemps à la peine, a repris des couleurs, avec une hausse de 20%. En ce qui concerne les huiles, qu’elles soient issues de colza, de palme, de soja ou de tournesol, ont également flambé.

Et les retombées sur le consommateur marocain ont vite été ressenties, à travers les hausses des prix des huiles de table et des produits avicoles (viande blanche et oeufs).