Chapeau bas, MM. Laftit et Hammouchi !

Face à la pandémie du coronavirus, les deux responsables ont, une fois encore, fait preuve de leur expertise. Une maitrise de la situation sans failles. Un cas d'école.

Dans l’exercice du métier du journalisme, la bonne critique, la critique constructive, qui peut être perçue comme désagréable voire parfois incongrue, est nécessaire. Elle en fait partie. Mais on ne fait pas que critiquer. On sait aussi applaudir un travail bien fait, une gestion anticipative et proactive ou encore des initiatives novatrices. Il n’y a pas que le négatif. Depuis l’apparition du premier cas de contamination au nouveau coronavirus, le 2 mars 2020 plus précisément, des décisions et événements ont marqué les esprits des Marocains.

A commencer par la décision clairvoyante du Roi Mohammed VI relative à la création du Fonds spécial pour la gestion de la pandémie du Covid-19. Cette décision a eu le mérite d’enclencher un élan de solidarité qui a été cité par plusieurs médias étrangers comme étant un cas d’école. L’implication d’institutions et entreprises, publiques et privées, autant que de personnes physiques ou de philanthropes, n’a pas d’égale au monde. Et nonobstant toutes les failles et les défaillances de notre système de santé, la mobilisation du département de la Santé et de la médecine militaire et l’abnégation des corps soignants ont été, tout bien pensé, exemplaires.

Fermeté et rigueur
Mais il y a une mobilisation qui mérite d’être mise en exergue. Il s’agit en l’occurrence de celle du dispositif sécuritaire sous la supervision directe de Abdelouafi Laftit, ministre de l’Intérieur et de Abdellatif Hammouchi, patron de la Direction générale de la sûreté nationale. Deux responsables, une seule poigne de fer dans un gant de velours. Hormis quelques constats liés au manque de fermeté et de rigueur des forces de l’ordre dans certains quartiers populaires des grandes villes et des patelins lointains, ce qu’ils ont réussi à faire en peu de temps, depuis l’annonce de l’état d’urgence sanitaire le 20 mars, est, par euphémisme, remarquable. Sur le terrain, ces forces de l’ordre (policiers mais aussi forces auxiliaires et forces armées) ont bien veillé au respect des consignes de confinement et de toutes les dispositions du décret-loi 2.20.292 portant sur les dispositions relatives à l’état d’urgence sanitaire et aux procédures de sa déclaration.

Le déploiement massif d’au moins 100.000 policiers et forces auxiliaires et armées sur l’ensemble du territoire afin de contrôler les mouvements des Marocains, à travers des points de contrôle fixes et mobiles, dans les artères, boulevards et rues des villes comme les douars et les marchés improvisés, suscite l’admiration. D’autant plus qu’on ne voit plus de mendiants ou de vagabonds déambuler dans nos villes, au risque de répandre le virus. Bref, Laftit et Hammouchi ont passé le test sécuritaire avec brio. Malgré leurs allures parfois renfrognés, ces forces de sécurité ont privilégié le dialogue dans un premier temps avant de passer à la répression. Et ne l’oublions pas, les agents d’autorité, malgré toutes les tares qu’on leur collait par le passé, ont joué un rôle de premier plan dans l’encadrement de la population par rapport aux dérogations aux restrictions de circulation.

Et pour ceux qui ne jurent que par les chiffres, il faut savoir que n’eût été la rigueur sécuritaire, le nombre des personnes contaminées aurait explosé. Le 20 mars, jour de l’annonce de l’état d’urgence sanitaire, le Maroc comptait 77 cas confirmés et 3 décès. Ce constat est sans commune mesure avec le bilan du 2 avril : 691 cas confirmés et 44 décès. Mais le bilan aurait été bien plus élevé en l’absence d’un dispositif sécuritaire qui veille au grain et qui fait face, tous les jours, aux « rebelles » et aux récalcitrants qui tentent d’enfreindre la loi du confinement. La bonne nouvelle est que, ces derniers jours, le nombre des nouveaux cas confirmés s’inscrit dans une tendance baissière.

A quoi donc va ressembler le confinement à la marocaine sans les forces de sécurité ? Comment peut-on maîtriser l’étendue du virus et comment peut-on l’enrayer sans leur précieuse contribution ? Chapeau bas aux forces de sécurité, tous corps confondus, sous le commandement de MM. Laftif et Hammouchi.


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