Chaouki Jerrari: "Il n'y a pas de cas de grippe aviaire hautement pathogène au Maroc"

Directeur de la fédération interprofessionnelle du secteur avicole du Maroc (FISA)

Le virus H5N8 est en train de faire des ravages en France avec plusieurs cas de grippe aviaire dans plusieurs localités. Le Maroc est-il à l’abri de cette vague de contaminations?
Pour le moment, il n’y a pas de cas de grippe aviaire hautement pathogène au Maroc. Lorsque ce genre de grippe est déclaré dans un pays donné, l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) interdit toutes les importations en provenance des régions touchées. Parallèlement, des analyses sont effectuées sur les volailles importées et les camions de transport sont obligatoirement désinfectés au niveau des postes frontières.

Quelles sont les particularités de ce virus H5N8?
Malheureusement, c’est une souche hautement pathogène qui est très dangereuse et qui peut causer de fortes mortalités de volailles. C’est une maladie qui a été déclarée en France et d’autres pays européens sur de petits effectifs de volailles. L’élevage intensif est, jusqu’à présent, épargné par ce virus.

La FISA a-t-elle mis en place des mesures pour sensibiliser les aviculteurs sur cette pathologie?
A chaque fois qu’on constate l’apparition de cas de grippe aviaire hautement pathogène dans le monde, on informe les aviculteurs et les opérateurs. Nous leur demandons aussi d’importer uniquement des produits issus de régions qui sont très éloignées des zones touchées par le virus et de renforcer les mesures d’hygiène habituelles.

Peut-on connaître des pertes enregistrées dans le secteur avicole depuis le début de la pandémie de Covid-19 au Maroc?
Nous avons enregistré 4 milliards de dirhams de pertes dans toutes les filières d’activité, entre mars et décembre 2020, principalement chez les éleveurs. Les usines d’aliments, les couvoirs et les abattoirs aussi ont été impactés par la crise.

Bénéficiez-vous des mesures d’accompagnement de l’Etat par l’entremise du Comité de veille économique?
Aucun accompagnement financier de l’Etat n’a été apporté en faveur des aviculteurs dans ce contexte de pandémie de Covid-19. En revanche, la loi des Finances 2021 a finalement consacré le statut d’agriculteur aux éleveurs de volailles et non plus comme exerçant une activité de commerce de gros. De ce fait, les revenus tirés du secteur avicole seront considérés comme des revenus agricoles.

Ainsi, les petits éleveurs qui réalisent un chiffre d’affaires annuel de moins de 5 millions de dirhams seront exonérés de tout impôt. Tandis que les éleveurs qui réalisent un chiffre d’affaires supérieur ou égal à 5 millions de dirhams seront soumis à un impôt de 20%, contre plus de 30% auparavant, grâce à leur nouveau statut fiscal. Nous travaillons actuellement sur un nouveau Contrat-programme 2021-2030 qui sera mis en oeuvre dans le cadre de la nouvelle stratégie agricole «Green Generation», qui permettra de développer davantage le secteur.

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