Le chaos des petits taxis : Une réorganisation en marche ?

Alors que les petits taxis sèment toujours le chaos dans les grandes villes, le ministre de l’Intérieur annonce des mesures de réorganisation du secteur. Ces initiatives mettront-elles fin à l’anarchie urbaine ?


Que ce soit à Casablanca, Marrakech, Agadir ou toute autre grande ville du Maroc, les «petits» taxis continuent à attiser la colère des citoyens et des touristes. Ces célèbres voitures rouges, bleues, jaunes… autrefois symbole de commodité, sont devenues des emblèmes d’anarchie urbaine. Alors qu’ils refusent obstinément de transporter les passagers vers leurs destinations souhaitées, ils exigent souvent des tarifs exorbitants et arnaquent sans vergogne les touristes égarés. Ces conducteurs audacieux se lancent également dans une véritable guerre contre les chauffeurs d’applications, dont la popularité ne cesse de croître. Le chaos règne et l’on se demande s’il est possible de réorganiser ce secteur qui semble devenu un terrain de jeu pour les hors-la-loi sur roues.

Ainsi, face à cette colère grandissante des citoyens, le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, a dévoilé une série de mesures pour réorganiser le secteur des petits taxis. Il a annoncé alors que les autorités régionales sont désormais chargées de prendre des décisions réglementaires spécifiques aux conditions d’exploitation des taxis, avec une attention particulière sur le respect des normes de qualité et de comportement professionnel des chauffeurs.


Unifier les réglementations
Lors d’une séance parlementaire, M. Laftit, en réponse à une question du parlementaire Nabil Dakhch, du groupe Haraki (Mouvement Populaire), a mis en avant les sanctions prévues par la loi contre les actions immorales des chauffeurs, telles que le refus de transporter un client sans justification, l’augmentation non autorisée des tarifs, et la non-utilisation du compteur. Le ministre a assuré que pour garantir le respect de ces régles, les autorités collaborent étroitement avec les services de sécurité chargés de la surveillance routière, prenant des mesures répressives contre les contrevenants.

Entre janvier 2023 et fin février 2024, à titre d’exemple, 317 licences de confiance ont été retirées à Marrakech pour des durées allant d’un à six mois, tandis que 15 licences ont été temporairement suspendues en attente de décisions judiciaires. Le ministre a également évoqué un effort national pour unifier les réglementations du secteur du transport par taxi, en généralisant les règles et procédures à toutes les préfectures et provinces. Ainsi, dans le cadre de la modernisation du secteur, un programme de soutien a été lancé, incluant le renouvellement de la flotte de taxis, ce qui a significativement amélioré les services offerts aux clients, assure le ministre.

Des partenariats ont été mis en place pour renforcer la qualité des programmes de formation destinés aux chauffeurs professionnels. Des initiatives visant à moderniser les services de taxis, notamment via l’usage de technologies modernes pour la réservation, ont été soutenues par le ministère. M. Laftit a exprimé son engagement à accompagner ces initiatives pour améliorer et réguler les services de taxis. La réorganisation de ce secteur tumultueux portera-t-elle ses fruits ? Les citoyens et les touristes pourront-ils enfin se déplacer sans tracas, ou cette guerre des taxis continuera- t-elle de hanter les rues marocaines ? Seul le temps nous le dira.

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