Les challenges de Younes Sekkouri

Emploi et entrepreneuriat

Financement des Très petites et moyennes entreprises (TPME), diminution des faillites d’entreprises, lutte contre le chômage… Autant de dossiers chauds qui attendent le nouveau ministre de l’Emploi et de la petite entreprise, Younes Sekkouri. Décryptage.

S’il y a un ministre qui aura vraiment du pain sur la planche dans ses nouvelles fonctions, c’est certainement Younes Sekkouri, ministre de l’Inclusion économique, de la petite entreprise, de l’emploi et des compétences. Certes ce dernier a eu à collaborer, en tant que chargé de mission, avec d’anciens ministres sur des politiques sectorielles ayant trait à l’emploi, mais la réalité actuelle s’avère être un immense défi pour ce consultant, tant les secteurs à gérer ont été lourdement affectés par la pandémie de Covid-19. Et naturellement, plusieurs dossiers chauds l’attendent déjà sur son nouveau bureau.

Parmi ceux-ci, l’avenir des Très petites et moyennes entreprises (TPME). Frappées de plein fouet par la crise sanitaire, beaucoup d’entre elles souffrent le martyre. Plus de 51% de ces entreprises ont été affectées, selon le récent rapport 2019-2020 de l’Observatoire marocain des TPME, notamment celles exerçant dans «le commerce, la réparation d’automobiles et de motocycles» (35,2%), les «transports et entreposage» (10,6%) ainsi que l’«hébergement et la restauration » (5,5%). Des secteurs qui, selon l’instance, représentent 47,7% du chiffre d’affaires des TPME. Même les cotisations sociales n’ont pas été épargnées.

Plus de 15.000 entreprises qui polarisent au moins 48.600 salariés, n’ont pas repris leurs déclarations auprès de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) à fin 2021, révèlet- il. Citant les données de la CNSS, l’observatoire indique une diminution de 48% du nombre d’entreprises affiliées durant l’année écoulée, soit environ 900.000 salariés.

Plus de 20.000 faillites d’entreprises
Dans une interview qu’il nous avait accordée début juillet 2021, Abdellah El Fergui, président de la Confédération marocaine des TPE-PME avait révélé la défaillance de plus de 20.000 entreprises en 2020, dont 80% de TPE (Très petites entreprises). Les services liés au tourisme, au commerce et au bâtiment étant les secteurs les plus impactés.

D’après lui, le nouveau ministre doit leur faciliter l’accès au financement, aux commandes publiques, au foncier et à l’information, et assurer la protection juridique des TPE-PME sous-traitantes. «Nous lançons un appel de détresse au nouveau Chef du gouvernement, M. Aziz Akhannouch, et à son gouvernement pour venir en aide aux TPE-PME et auto-entrepreneurs menacés de faillites en série», alerte-t-il.

L’autre grand défi, c’est la lutte contre le chômage, dont le taux a atteint 12,8% à fin juin 2021, contre 9,2% en 2019, selon le Haut-Commissariat au plan (HCP). Pis, il touche principalement les jeunes âgés de 15 à 34 ans (30,8%) et les diplômés (20,4%). Le Maroc comptait plus de 1,5 million de chômeurs durant le premier trimestre 2021, soit 242.000 chômeurs supplémentaires comparé à la même période en 2020.

Pour prétendre à un emploi, faudrait-il encore acquérir une bonne formation. Là aussi, le constat fait froid dans le dos. 1,7 million de jeunes de la tranche d’âge 15-24 ans ne poursuivaient aucune étude ou formation et n’avaient pas accès au marché du travail en 2019, d’après un rapport de l’Observatoire national du développement humain (ONDH) publié en janvier 2021. Younes Sekkouri est attendu au tournant.