Le challenge relevé par TIBU Maroc

EDUCATION ET INSERTION DES JEUNES PAR LE SPORT

TIBU Maroc s’active, depuis dix ans, dans l’éducation et l’insertion des jeunes par le sport. Un modèle qui a porté ses fruits et qu’elle souhaite dupliquer dans d’autres pays du continent.

Le sport ne doit pas être considéré uniquement comme un simple divertissement. Il doit être aussi un levier d’éducation et d’inclusion sociale et économique pour les jeunes. L’Ong TIBU Maroc le démontre de fort belle manière. Elle a lancé depuis 2011, plusieurs initiatives pour leur permettre de réaliser leurs ambitions. Aujourd’hui, environ 250.000 enfants, adolescents et adultes suivent plusieurs programmes lancés par l’organisation dans les 24 centres d’éducation par le sport situés dans 17 villes du Royaume, ainsi que la dizaine d’académies, de playgrounds et d’écoles Handisport. Objectif, «créer une génération de champions de vie par le sport», nous explique son président- fondateur Mohamed Amine Zariat, qui ambitionne 39 nouveaux centres d’ici les trois prochaines années pour assurer une large couverture nationale.

Inclusion économique
«L’impulsion du capital humain à travers le sport a pour objectif de développer les compétences motrices, cognitives et socio- affectives des enfants et des jeunes âgés entre 2 et 18 ans à travers des programmes et structures d’éducation et d’empowerment via le sport», poursuit-il. Outre la formation du capital humain, l’association développe parallèlement d’autres programmes d’inclusion économique pour les jeunes issus de zones urbaines et des quartiers périphériques âgés de 18 à 35 ans, pour faciliter leur insertion dans les industries sportives.

L’une des initiatives phares, c’est le programme «Intilaqa», qui cible les «NEET» («Not in Education, Employment, or Training »; sans emploi, sans éducation, sans formation) âgés entre 18 et 29 ans. «Nous sommes déjà en train d’accompagner la deuxième promotion, qui a débuté en Décembre 2020. Quant à la première promotion, qui a vécu un contexte inédit à cause du Covid 19 et le confinement sanitaire de 3 mois au cours de la période de formation, je tiens tout d’abord à saluer leur engagement profond durant cette période et leur désir pour la réussite personnelle et professionnelle», se réjouit-il.

Une stratégie qui a visiblement porté ses fruits, puisque 60% des lauréats de cette première promotion sont devenus des coachs sportifs, advisors, coachs privés et même dans l’entrepreneuriat, révèle M. Zariat, qui se réjouit de la collaboration dans ce sens avec des acteurs du secteur privé et public et des collectivités territoriales, qui a permis l’édition du premier livre sur l’insertion socioéconomique des jeunes par le sport avec un groupe de chercheurs. Nous allons dupliquer les programmes d’intégration socioéconomique dans d’autres villes du royaume afin de favoriser l’insertion professionnelle des jeunes en situation de NEET», annonce-t-il.

Transmettre le flambeau
A côté des jeunes, de nombreux mineurs sont également suivis par l’Ong, à travers son projet «Ecole de la deuxième chance-nouvelle génération», développé en partenariat avec le ministère de l’Education nationale. «Ce projet qui profite d’une attention particulière de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, est au coeur de notre préoccupation. Nous travaillons avec plus de 30 bénéficiaires âgés de 16 à 20 ans afin de les doter des connaissances pédagogiques et scientifiques nécessaires pour réintégrer le monde éducatif ou bien professionnel», confie cet ancien basketteur.

Une carrière sportive et académique au Maroc et aux Etats-Unis qui l’a motivé à transmettre le flambeau à ses cadets. «Me lancer dans l’inclusion de la jeunesse marocaine et africaine par le sport est une manière pour moi de rendre à la communauté ce qu’elle m’a donné. L’impact que nous créons chaque jour auprès de nos communautés nous pousse à innover, à élargir nos programmes et à pérenniser nos interventions sur le long terme», affirme- t-il.

Libérer le potentiel africain
Ce ne sont pas uniquement les Marocains qui bénéficient des programmes de l’organisation. Une cinquantaine de migrants et refugiés originaires d’Afrique subsaharienne, notamment du Sénégal, de la Côte d’Ivoire et du Mali figurent aussi parmi les apprenants. TIBU collabore avec leurs ambassades et consulats pour les recruter.

«Ce programme émane de notre forte conviction que le sport est un levier important pour l’intégration des jeunes dans la société marocaine. Il s’agit d’une porte d’entrée pour comprendre ces jeunes, leurs besoins et leurs aspirations afin de peaufiner des projets à fort impact suivant les caractéristiques spécifiques des pays africains», indique M. Zariat, qui veut faire de son entité «la locomotive du sport pour le développement en Afrique» d’ici 2030.

Cette vision continentale a été matérialisée par l’organisation du premier Sommet de l’éducation par le sport en Afrique, du 3 au 6 avril 2021, du sous le thème «Libérer le potentiel de la jeunesse africaine grâce à la force du sport». D’après M. Zariat, l’objectif de ce rendez-vous était de «réunir l’ensemble des acteurs nationaux, régionaux et mondiaux qui participent de près ou de loin à la promotion et au développement du sport en tant que moyen d’éducation, d’inclusion économique et sociale, d’égalité des chances et de développement durable». Et il ne souhaite pas s’arrêter là. Motivé par la réussite de son business model au Maroc, ce dernier envisage de dupliquer son projet dans trois pays du continent d’ici 2024.