Chakib Benmoussa s'accroche à sa réforme pour assainir l'enseignement

Malgré les contestations des étudiants contre la limite d'âge de 30 ans

Face à la grogne des étudiants qui ne cesse de grandir, le ministre de l’éducation nationale, Chakib Benmoussa, tient bon et affirme maintenir le critère de l’âge maximal de 30 ans pour se présenter aux concours de sélection pour être enseignant. Malgré le dispositif déployé par les forces de l’ordre, les manifestants ont réussi à protester contre ce critère. A Fès, à Agadir ou encore à Tanger, les manifestations ont tourné parfois à des affrontements violents avec la police.

De son côté, Chakib Benmoussa défend fermement sa réforme et s’accroche aux conditions qu’il a définies pour assainir le secteur de l’enseignement. Avec les syndicats, qu’il a rencontrés au lendemain de la crise, il a réitéré sa ferme volonté et celle de tout le gouvernement de conduire jusqu’à son terme cette réforme courageuse. Pour l’ancien président de la commission spéciale pour le nouveau modèle de développement, les nouvelles conditions visent à valoriser la profession, de sorte à rehausser la compétence du corps enseignant et à favoriser une nouvelle carrière pour les enseignants.

Questions essentielles
Cette mesure a également pour objet de mettre en place une école de qualité et permettre à l’élève de développer son savoir et savoir-faire pour qu’il contribue à l’essor du pays, à travers les opportunités d’emploi qu’il décrocherait grâce à ses compétences, la formation étant le moyen idoine pour consacrer l’égalité des chances. Le ministre de l’éducation nationale affirme néanmoins une ouverture quant à la régularisation au cas par cas des enseignants contractuels qui poursuivent leur bras de fer avec le ministère.

C’est ainsi que les débats entre les syndicats et le ministère de tutelle ont permis d’arrêter les questions essentielles et de convenir de les examiner à travers quatre axes, dont le premier est lié aux dossiers revendicatifs prêts et faisant l’objet de projets de décrets. Il s’agit des dossiers de l’administrateur pédagogique et des cadres d’orientation et de planification pédagogique, en plus de dossiers prioritaires concernant la situation des fonctionnaires titulaires de diplômes supérieurs, des fonctionnaires désignés en dehors de leur cycle d’affectation, des assistants administratifs et des assistants techniciens et des titulaires de doctorat. Le deuxième axe concerne les fonctionnaires cadres des AREF.

A ce sujet, le comité technique formé entre le ministère et les syndicats se penchera sur ce sujet pour trouver des solutions innovantes. Le troisième axe se rapporte au projet de statut des fonctionnaires du ministère. A cet égard, des objectifs ont été convenus en tant que base d’un travail qui devra démarrer début janvier, en prenant en considération la loi-cadre 51-17 et le nouveau modèle de développement.

Le quatrième axe porte sur les relations avec les syndicats d’enseignement, à travers l’évaluation de la note n°103 publiée en 2017 et son actualisation, le cas échéant, pour promouvoir l’action participative.

Il a été aussi convenu d’accélérer la régularisation de certaines situations administratives tels les avancements dans les grades et échelons au titre des années 2019 et 2020, retardés en raison de la pandémie de Covid-19.